Dans le cadre de la récente publication de l’étude intitulée « Flexibilité et adaptabilité des missions de l’ONU : la FINUL entre opportunités et limites contextuelles » réalisée par la Pr Elena Aoun, l’Observatoire Boutros-Ghali et la Direction générale des relations internationales et de la stratégie (DGRIS) du ministère des Armées et des Anciens combattants français ont organisé un webinaire de présentation de ce travail.
Déployée depuis 1978, la FINUL constitue un laboratoire unique pour interroger les capacités d’adaptation des opérations de paix onusiennes. Si la Résolution 1701 (2006) avait permis l’instauration d’un équilibre relatif le long de la Ligne bleue, les développements intervenus à partir d’octobre 2023 ont brutalement remis en question les paramètres sécuritaires, politiques et opérationnels de la mission. La note présentée lors de ce webinaire propose une analyse détaillée et empirique de la manière dont la FINUL a réagi à cette nouvelle séquence de violence, en distinguant plusieurs phases d’adaptation successives.
L’intervention de l’autrice Pr Elena Aoun, a été suivie d’un temps de réflexion et d’échanges autour de la FINUL et du maintien de la paix onusien plus largement.
Clémence Buchet-Couzy, chargée de recherche au GRIP, a assuré la modération de cet échange et les interventions successives de :
- Elena Aoun, professeure et chercheure en relations internationales à l’Université catholique de Louvain, membre du Centre d’études des crises et des conflits internationaux (CECRI) et du Groupe d’études et de recherches sur le Monde Arabe contemporain (GERMAC).
- Gaspard Darbon, chargé de mission Nations unies, DGRIS.
- Général de brigade Guillaume Ponchin, chef de la Représentation militaire et de défense auprès des Nations unies, à New-York.
- Michel Liégeois, professeur et chercheur en relations internationales à l’Université catholique de Louvain.
Questions directrices proposées :
- Comment la mission s’est-elle concrètement adaptée aux changements survenus depuis le 7 octobre 2023 ?
- Que révèle le cas de la FINUL sur les limites et les transformations contemporaines du maintien de la paix onusien face à des environnements de plus en plus coercitifs ?
- Comment analyser la décision de retrait de la FINUL à l’horizon 2027 dans le contexte plus global de remise en question du multilatéralisme onusien et du maintien de la paix ?
En propos liminaire, Gaspard Darbon, a ouvert la discussion et a présenté le projet Observatoire Boutros-Ghali.
Elena Aoun a ensuite présenté sa note, en retraçant l’histoire de la FINUL sur le long terme et en détaillant ses évolutions récentes, notamment depuis le 7 octobre 2023.
L’autrice est revenue sur les différentes parties de sa note, d’abord la contextualisation de l’avant 7 octobre 2023 permettant de comprendre la situation actuelle. Elle souligne déjà la férocité des attaques contre la FINUL, ainsi qu’une forme d’inertie du maintien de la paix face à la dégradation progressive de la situation. Après le 7 octobre 2023, trois périodes se succèdent, l’escalade par paliers (oct. 23 – sept. 24), le maintien des positions de la FINUL malgré l’intensification du conflit (sept. – nov. 24) et enfin la période post cessation des hostilités depuis novembre 2024. Elle analyse ensuite la façon dont la FINUL s’est adaptée avec les facteurs et stratégies d’adaptation mis en place. Enfin elle s’intéresse au contexte plus global de ces adaptations de la FINUL, prise au piège de l’unilatéralisme.
Dans ses recommandations, la Professeure Elena Aoun insiste sur la dimension politique du conflit : selon elle, c’est à ce niveau que se situe le blocage principal. Selon elle, le coût politique d’une paix durable demeure trop élevé pour des acteurs qui ne semblent pas prêts à l’assumer. Elle s’inquiète également de l’érosion du système onusien et de la banalisation du recours à la force, et ce au mépris de la Charte des Nations unies.
Le général de brigade Guillaume Ponchin est intervenu ensuite fort de son expérience de terrain et onusienne notamment au Liban. Il a notamment souligné la capacité des Nations unies à se transformer, notamment à travers la dynamique « ONU80 ». Il estime que cette réforme doit se traduire concrètement sur le terrain. La FINUL a su s’adapter aux réalités locales et jouer un rôle régulateur. Mais elle reste limitée face aux attentes des différents acteurs. Il a rappelé que chaque opération de paix de l’ONU a un cycle de vie, avec des réévaluations, la FINUL, comme d’autres missions, en a connu au moins trois depuis une décennie. Il a terminé sa présentation en parlant de la notion de risque, se demandant quels risques a pris la FINUL, est-ce qu’il aurait été possible d’aller plus loin dans une logique réelle de confrontation?
Le Professeur Michel Liégeois a enfin évoqué une « transformation silencieuse » de la FINUL qui ne dit pas son nom. Selon lui, la mission doit être utile sans être visible ni spectaculaire. Il affirme préférer une FINUL imparfaite à l’absence totale de présence onusienne. À l’image d’autres opérations de paix, elle illustre toutefois une fatigue politique croissante chez de nombreux États contributeurs. Selon lui, la perspective d’un retrait peut se lire de trois façons : une lecture pessimiste, annonçant un échec ; une lecture réaliste, reconnaissant les limites du modèle et de son ancrage local ; et une lecture critique, questionnant le maintien d’une mission politiquement utile mais statiquement instrumentalisée. Plus largement, il interroge : qu’attend-on encore des opérations de paix dans un monde où la paix n’est plus prioritaire ? Toute crise, conclut-il, est une occasion de repenser l’avenir du maintien de la paix.
S’en est suivie une phase de débats portant sur les alternatives éventuelles à la FINUL après son départ. Les échanges ont également abordé la capacité d’adaptation de la FINUL dans un contexte de maintien de la paix déjà fortement fragilisé, ainsi que la difficile articulation entre flexibilité opérationnelle et respect strict du mandat initial.
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