26 février 2024
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Publication d’un rapport de l’ONU sur les massacres de Moura (Mali)

Le 12 mai 2023, un rapport concernant les tueries survenues dans le village de Moura entre le 27 et le 31 mars 2022 a été publié. Il a été produit par le personnel de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) et plus particulièrement par la mission d’établissement des faits mise en place par la Division des droits de l’homme de la MINUSMA. Déjà à l’époque, ces massacres et la volonté de la MINUSMA d’enquêter avaient été traités dans notre Lettre d’Information de mars 2022.

Selon un article de la MINUSMA, le rapport étudie les meurtres d’environ 500 personnes par les troupes maliennes et du personnel militaire étranger, à Moura, dans la région de Mopti, au centre Mali. L’opération, qualifiée « d’anti-terroriste » avait été mise en place par les forces maliennes afin de lutter contre le groupe affilié à Al Qaeda, la Katiba Macina. Le personnel des Nations Unies au Mali a mené un travail de plusieurs mois afin d’établir les faits. Le rapport a été réalisé grâce aux témoignages de victimes et de témoins et au moyen d’image satellites et de sources médico-légales. Toutefois, suite à l’interdiction des autorités maliennes, le personnel n’a pas pu accéder directement au village de Moura.

Le rapport décrit les cinq jours de massacres. Les forces armées maliennes et étrangères seraient arrivées en hélicoptère en survolant le village et en tirant sur la population. Les jours suivants, de nombreux hommes ont été froidement exécutés, car ils portaient une barbe, ou pour d’autres raisons arbitraires qui, selon les forces maliennes présentes, rendaient certaine leur affiliation à un groupe terroriste. 58 femmes ont été victimes de viols et d’autres violences sexuelles. Au total, environ 500 personnes, hommes, femmes, enfants, majoritairement civils et non membres de groupes armés, ont été assassinés et placés dans des fosses communes. Le paragraphe 54 du rapport déclare que : « La présence d’une trentaine des membres de la Katiba Macina parmi des milliers de personnes dans un marché ou parmi un groupe d’hommes ne suffit pas pour qualifier les autres personnes présentes à la foire comme des membres d’un groupe armé sans plus d’informations. Tout individu, sauf preuve contraire, est présumé civil. ».

Après l’attaque, les autorités maliennes ont annoncé l’ouverture d’une enquête ; mais après un an, celle-ci n’a toujours pas abouti. Par ailleurs, le Mali nie toutes responsabilités de ses forces armées dans ces tueries.  Le Haut-Commissaire Volker Türk a déclaré de ce genre de tueries étaient des crimes de guerres et pourraient constituer des crimes contre l’humanité. À travers ses recommandations, le rapport appelle d’ailleurs le Mali à enquêter de manière indépendante, impartiale et transparente ainsi qu’à traduire les responsables en justice. Il appuie également la mise en place de mesures appropriées pour aider les victimes (notamment de violences sexuelles) et leurs familles à accéder à la justice.

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