19 avril 2024

Le parcours professionnel du personnel militaire dans les OP : le Bénin et le Cameroun, deux trajectoires spécifiques

Le Bénin et le Cameroun, sont deux pays contributeurs francophones, dont le parcours emblématique, justifie que l’on s’attarde sur la trajectoire professionnelle respective de leurs personnels en uniforme, au sein des opérations de paix onusiennes.

Les données sur les trajectoires de l’engagement de ces personnels dans les OP onusiennes ont été recueillies dans le cadre d’une enquête de terrain menées dans les deux pays. Au Bénin, les entretiens ont été menés au niveau de l’État-major général des armées à Cotonou et au Centre de formation aux opérations de maintien de la paix (CFOMP) de Cana. Au Cameroun, les données ont été collectées à l’État-major général des armées et au Secrétariat d’État à la défense chargé de la Gendarmerie (SED) à Yaoundé. Cette enquête se base sur un échantillon de militaires, gendarmes et policiers, constitué en tenant compte des considérations de genre et de grade. Selon les données de l’enquête, les personnels déployés dans le cadre des OP onusiennes bénéficient d’un parcours professionnel extrêmement dense et riche dans les missions. Ce parcours leur fournit, ainsi qu’aux pays contributeurs, les outils nécessaires pour renforcer les performances individuelles et collectives au sein des missions. Les bonnes pratiques dans les deux pays se déclinent également par l’intégration appréciable des femmes dans les missions, malgré des contraintes spécifiques de genre, qui s’imposent à elles. Pourtant, les pays contributeurs de troupes ne tirent pas encore assez d’avantages des acquis et des opportunités qui leur sont offerts par les OP. Cela se manifeste dans ces deux États par l’absence d’un organe central d’encadrement, de coordination et de suivi du parcours individuel de tout le personnel déployé. Cette note formule par conséquent des recommandations en vue d’une mise en place de politiques nationales pertinentes, permettant une capitalisation effective des acquis de ces parcours au bénéfice d’un meilleur impact pour tous les acteurs concernés.

Cette note a été réalisée grâce au soutien conjoint de la Confédération suisse et de la Direction générale des relations internationales et de la stratégie du Ministère français des Armées.

Aïcha Pemboura, Hassane Koné, « Le parcours professionnel du personnel militaire dans les OP : le Bénin et le Cameroun, deux trajectoires spécifiques », Observatoire Boutros-Ghali, novembre 2022

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Aïcha Pemboura, enseignante-chercheure, est titulaire d’un doctorat en science politique, spécialisée sur les questions de paix et sécurité et en particulier les questions de stratégie et de défense. Enseignante de relations internationales et d’études stratégiques à l’Université de Yaoundé II, elle enseigne par ailleurs à l’École Supérieure Internationale de Guerre (ESIG). Ses cours portent entre autres sur l’Architecture africaine de paix et de sécurité (APSA) et sur la force africaine en attente (FAA). Elle est directrice de séminaire de Géopolitique de la Défense à l’Ecole Militaire Interarmées du Cameroun et instructrice à l’Ecole de Maintien de la Paix Alioune Blondin Beye de Bamako (EMP) au Mali depuis 2015.

Par ailleurs, elle est enseignante dans le programme de master en maintien de la paix et reconstruction post-conflit du Centre d’Analyse et de Recherche sur l’espace sahélo-saharien (CARESS)/EMP. Depuis 2016, elle est formatrice en gestion des conflits pour les soldats de la paix à l’United State Institute of Peace (USIP) - GPOI (USA) où elle a formé des contingents du Burkina, du Bénin, de la Guinée, du Tchad, et du Cameroun. Directrice Exécutive du Centre d’Études en Stratégie, Sécurité et Développement (CESSED), elle enseigne également au Centre d’excellence de l’Union africaine et de la CEEAC et intervient dans le master en paix et sécurité à l’Université de Maroua (Cameroun).

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Hassane Koné est Chercheur Principal au Bureau régional pour l’Afrique de l’ouest, le Sahel et le Bassin du Lac Tchad de l’Institut d’étude de sécurité (ISS) de septembre 2019 à février 2020 et d’août 2021 à ce jour.

Colonel de la gendarmerie nationale de Mauritanie, admis à la retraite en août 2019 après 34 ans d’expérience dans les différents domaines de la sécurité. Il est diplômé d’état-major option Gendarmerie et est titulaire de certificats de formateur en Réforme du secteur de la sécurité et en Protection des civils dans les OP.

Ancien attaché militaire au Mali avec accréditation au Niger au Burkina Faso, il a servi, à ce titre, d’officier de liaison avec les commandements de l'opération française Serval, de la Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (MISMA) et de la Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation au Mali (MINUSMA).
Il a, également, pris part aux négociations et à la mise en œuvre de l’accord préliminaire de Ouagadougou de juin 2013, du cessez-le-feu de Kidal du 23 mai 2014 et de l’accord d'Alger de mai 2015.

Il a été Inspecteur général des Forces armées et de sécurité de la Mauritanie en 2015-2016.
De mars 2020 à juin 2021, il a fait partie de l’équipe du Programme d’appui à la RSS/volet défense (PROGRESS) en RDC, en qualité d’expert principal chargé du volet Réforme et Formation.

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