15 avril 2024

Augmenter la part des femmes en uniforme dans les OP : analyse sexospécifique des initiatives nationales de trois pays issus de la Francophonie

Accroitre l’implication des femmes dans la prévention, le maintien et la construction de la paix est un des principes fondateurs de l’Agenda Femmes, paix et sécurité (FPS). Pour le Département des opérations de paix des Nations unies (DOP), ces enjeux se sont traduits ces 20 dernières années par des efforts à plusieurs niveaux dont l’augmentation de la part des personnels féminins tant au siège que dans les missions de paix. C’est à ce dernier aspect que s’intéresse aujourd’hui cette étude.

Facette initialement peu explorée dans le cadre de l’Agenda FPS, l’augmentation de la part des femmes dans les milieux militaires et policiers de l’ONU s’est inscrite dans une évolution plus large du maintien de la paix. Dans les faits, la proportion de femmes faisant partie des personnels militaires et de police (dits personnels en uniforme) dans les missions de la paix des Nations unies reste faible et très hétérogène en fonction des postes concernés. Selon le dernier rapport du Secrétaire général sur les femmes, la paix et la sécurité (S/2023/725), les femmes représentaient en avril 2023 6,5 % des effectifs militaires de contingents déployés et 21,5 % d’expertes militaires en mission et officières d’état-major. Côté police, elles représentaient 15,8 % des effectifs des unités de police constituées, et 31,4 % des agentes de police hors unités constituées.

Pour donner un coup d’accélération à ce lent et fastidieux processus de féminisation des personnels en uniforme des OP – mais aussi d’homogénéisation en fonction des postes –, l’ONU a développé pour la période 2018-2028 une Stratégie de parité des sexes pour le personnel en uniforme. Celle-ci identifie une série de défis et d’obstacles à l’inclusion des femmes en uniforme dans les OP, recense les initiatives à mettre en place au sein du DOP et des missions afin de l’améliorer, et définit aussi une série de quotas destinés aux pays fournisseurs de contingents ou de personnel de police (PFCPP). Cet encouragement vise à produire un effet domino au niveau national, les quotas à remplir pour pouvoir déployer des personnels au sein des OP impliquant un accroissement plus transversal du recrutement, de la formation et de la promotion des femmes dans les corps d’armées et de police.

À mi-parcours de la mise en œuvre de cette stratégie, cette étude propose d’examiner la réaction et les actions mises en place par trois pays contributeurs, le Togo, le Rwanda, et le Cambodge, pour répondre à cette incitation onusienne.

L’objectif de ce travail est de faire un premier bilan non exhaustif des stratégies, actions et pratiques mises en œuvre afin d’augmenter rapidement le nombre de femmes affectées aux différents postes en uniforme des OP. Il revient dans un premier temps sur les obstacles qui limitent aujourd’hui encore l’accès des femmes à ces postes, ainsi que sur les outils identifiés et développés par les milieux de recherche, institutionnels et gouvernementaux. Dans un second temps, il donne un aperçu des initiatives prises au Rwanda, au Togo et au Cambodge, et des parcours stratégiques ainsi dessinés par ces trois pays.

Augmenter la part des femmes en uniforme dans les OP analyse sexospécifique des initiatives nationales 2024

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Solène Jomier a rejoint l’équipe du GRIP en tant que chargée de recherche en mars 2020. Elle est diplômée de l’Institut d’Études Politiques (IEP) de Rennes et est titulaire d’un master (MA) en Relations Internationales de l’Université de Warwick (Royaume-Uni). Depuis 2020, elle contribue à la coordination de l’Observatoire Boutros-Ghali du maintien de la paix (OBG) et est impliquée dans les activités quotidiennes et les différents travaux de recherche de l’Observatoire.

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Clémence Buchet-Couzy est chargée de recherche au GRIP depuis avril 2022. Elle est titulaire d’un master « Conflits et Développement » de l’Institut d’Études Politiques (IEP) de Lille et d’une double licence Histoire et Géographie de l’Université Paris I Panthéon Sorbonne.

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