La police des Nations unies (POLNU) s’est imposée depuis plusieurs décennies comme un acteur de premier plan des opérations de paix (OP) des Nations unies. Au fil du temps, les missions confiées à la POLNU ont beaucoup évolué. Initialement plutôt déployée dans des activités de surveillance et de contrôle, cette composante a progressivement été engagée dans des fonctions plus actives et opérationnelles de soutien à la police des États hôte. À travers des activités de formation, de sensibilisation et de renforcement des capacités, celle-ci sert à aussi appuyer les différentes réformes et restructurations des fonctions régaliennes de ces États. Son rôle est de plus en plus reconnu dans plusieurs missions cruciales des OP onusiennes à l’instar de la protection des civil·e·s mais également la lutte contre les violences sexuelles et basées sur le genre (VSBG). Dans ce cadre sa valeur ajoutée est assez claire, notamment lorsqu’elle met en place des activités de renforcement des capacités et de formation de la police locale, ou encore lorsqu’elle contribue aux enquêtes envers les auteurs de VSBG ou à la prise en charge des survivant·e·s.
Néanmoins, en comparaison aux autres composantes, le travail de la POLNU demeure encore peu (re)connu dans le maintien de la paix en général, tout comme son rôle dans la lutte contre les VSBG. L’objectif de cette note est de comprendre comment est défini le rôle de la POLNU dans la lutte contre les VSBG dans le maintien de la paix, notamment au regard du rôle des autres composantes et d’interroger comment cela se traduit sur le terrain.
Dans une première partie cette étude s’intéressera au mandat de la POLNU et à son évolution et plus spécifiquement la manière dont l’ONU défini et cadre le rôle de la POLNU dans la lutte contre les VSBG, notamment en termes de formation (1). Elle montrera que la POLNU a désormais un rôle crucial dans la lutte contre les VSBG sur le terrain des OP mais qui a mis du temps à être cadré et reconnu formellement par l’ONU. Ensuite, cette note analysera plus en détails comment ce rôle se traduit concrètement sur le terrain des missions onusiennes (2). Cette deuxième et dernière partie permettra de comprendre l’étendue des activités à disposition de la POLNU qui lui permettent d’agir pour prévenir et lutter contre les VSBG. Elle montrera également que la POLNU a su démontrer de sa plus-value face aux autres composantes dans ce domaine.
Clémence Buchet-Couzy est chargée de recherche au GRIP depuis avril 2022. Elle est titulaire d’un master « Conflits et Développement » de l’Institut d’Études Politiques (IEP) de Lille et d’une double licence Histoire et Géographie de l’Université Paris I Panthéon Sorbonne.








