• Marc Jacquand, "UN Reform and Mission Planning: Too Great Expectations?", IPI, novembre 2020. Marc Jacquand, ancien conseiller au sein du bureau exécutif du Secrétaire général, examine pour International Peace Institute les différents volets de la réforme des Nations unies et explore leur impact sur la planification des missions, en s'appuyant sur l'expérience de quatre d’entre elles qui ont récemment débuté ou qui ont fait l'objet d'une transition (en Colombie, en Haïti, au Soudan et au Yémen). Il en tire une série de recommandations destinées à optimiser la planification des missions ; en particulier il encourage l’ONU à faire un usage accru et plus efficace des mécanismes de gestion de la paix et de la sécurité dès les premières étapes de la planification afin de garantir que les dirigeants des Nations unies aient un ton et une vision unifiés ; il promeut également d’associer de manière plus formelle et plus transparente le Conseil de sécurité aux examens stratégiques.
  • Lisa Sharland, "Bouncing Back from Rock Bottom: A New Era for the UN Special Committee on Peacekeeping Operations?", IPI Global Observatory, octobre 2020. Cette publication évalue les récentes évolutions qui ont marqué le comité spécial des opérations de maintien de la paix des Nations unies (C-34) et s’interroge sur la pertinence des changements mis en place, en particulier au regard du rapport annuel du comité publié en mars 2020. Ce dernier a été restructuré autour des huit priorités thématiques de l'Action pour le maintien de la paix (A4P) et a également contribué à traduire en pratique les initiatives de la « Déclaration d'engagements communs ». Pour l’auteure Lisa Sharland, directrice du programme international de l’Institut de politique et de stratégie australien (ASPI) basé à Canberra, cette restructuration est une victoire en soi. De nombreuses tensions ont entouré cette réforme, alors que des délégués avaient estimé que le comité avait « touché le fond » en raison du manque de consensus autour du précédent rapport, en 2019. Cet échec avait effrité la pertinence et la légitimité du comité, conduisant les parties prenantes à être plus ouvertes à une possible restructuration de la méthode de travail pour l’édition 2020. Pour Sharland, ce nouveau rapport, re-façonné et renouvelé, donne une orientation plus claire et plus pertinente aux acteurs du maintien de la paix et redore le blason du C-34. Elle estime que cette victoire, quoiqu’encore incomplète, est le résultat de plus de dix ans de tentatives de réformes au sein du comité.
     
  • Jake Sherman, "Action for Peacekeeping: One Year into the Implementation of the Declaration of Shared Commitments", IPI, septembre 2019. À la suite de la Déclaration d’engagements communs signée par 152 États membres des Nations unies, ainsi que 4 organisations internationales, l’International Peace Institute (IPI) tente de dresser un bilan de la première année de mise en œuvre. L’article souligne dans un premier temps les efforts réalisés par le groupe de pays : efforts en interne réalisés par le Secrétariat des Nations unies d’une part, et les efforts externes du Secrétariat pour encourager les États signataires à s’engager davantage, notamment à travers la « création d’un espace de partage et d’échange, moins politisé que d’autres instances onusiennes (telles que le C34, le Cinquième comité, ou le Conseil de sécurité) ».Une seconde partie souligne les efforts engagés par les États signataires de la Déclaration. Selon IPI, les nombreuses réunions organisées dans le cadre de l’A4P (avec des OSC, États membres, employés de l’ONU…) ne semblent pas avoir mené « outre mesure » à des actions concrètes par les membres du Conseil de sécurité, malgré l’intérêt certain de ces acteurs concernant le maintien de la paix. Le présent article conclu qu’en un an, bien que l’A4P ne soit pas « mort », en grande partie grâce aux effort du chef du Département des OMP, l’Action pour le maintien de la paix n’a pas encore atteint son potentiel maximum : « A4P est coincé entre sa fonction d’outil visant à pallier les changements continus et incrémentiels qui répondent à des lacunes et des défis préexistantes d’une part, et la poursuite d'une vision ambitieuse pour l'avenir du maintien de la paix d’autre part ».
     
  • Linda Akua Opongmaa Darkwa, "A4P and the UN-AU partnership", International forum for the challenges of Peace Operations, mai 2019. Dans cette « policy brief », Linda Akua Opongmaa Darkwa revient sur la nécessité pour l’UA et l’ONU de collaborer afin de renforcer la déclaration d’engagements communs issue de l’initiative « Action pour le maintien de la paix » lancée par le Secrétaire général des Nations unies en 2018. L’auteure revient ainsi sur le partenariat grandissant entre le Conseil de sécurité des Nations unies et le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, sur les diverses formes que prennent ces partenariats opérationnels sur le terrain (AMIS, MINUAD pour exemple). Aussi, cette note met en lumière les perspectives de partenariats ONU-UA pour garantir et renforcer la sûreté et la sécurité des soldats de la paix ainsi que pour mieux préparer, former et équiper le personnel en uniforme des opérations de maintien de la paix.
     
  • Jake Sherman, "Action for Peacekeeping : Will political consensus lead to change in practice?", IPI, septembre 2018. Dans cette note Jake Sherman, revient sur l’initiative, « Action for Peacekeeping » lancée par le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres le 28 mars dernier. L’auteur rappelle la réalité des opérations de maintien de la paix actuelles, particulièrement difficiles et mortelles, qui se caractérisent par une dissonance croissante entre ce que ces opérations peuvent accomplir, et les attentes du Conseil de sécurité, à travers notamment la pression croissante des membres permanents à la diminution des dépenses. Ainsi, il qualifie l’initiative « Action for Peacekeeping » d’appel à agir. Selon lui, il s’agit d’abord de proposer des solutions politiques, et dépasser les divisions qui mènent à la paralysie du Conseil de sécurité. D’autre part, cette initiative implique le renforcement de la protection des civils, car malgré déjà de nombreux progrès, il est nécessaire de déterminer les rôles que doivent jouer les acteurs militaires et non militaires, et d’impliquer les populations locales pour plus d’efficacité. Cet appel à agir doit également s’inquiéter des questions de sureté et de sécurité pour le personnel engagé en mission – l’année 2017 fut l’une des années les plus meurtrières au sein des troupes onusiennes – et de la tendance des OMP à devenir de plus en plus une partie aux conflits. Il évoque également la nécessité de soutenir une performance efficace à travers une culture de suivi, d’évaluation et d’apprentissage, et du développement de la dimension politique, essentielle selon lui, du maintien et de la consolidation de la paix. Il aborde ensuite la nécessité de l’amélioration des partenariats, à travers une meilleure délimitation entre les opérations onusiennes et les autres, ainsi que l’objectif de tolérance zéro visé par cette initiative en ce qui concerne les abus et l’exploitation sexuels de la part des Casques bleus. Il conclut en soutenant que cette initiative vise à fournir au Secrétaire général l’appui politique et les ressources nécessaires à la mise en œuvre des nombreuses réformes qu’il a lancé. L’objectif est de provoquer un changement positif dans les politiques et les pratiques des principales parties prenantes au maintien de la paix (les pays contribuant financièrement, ceux contribuant en terme de troupes, les États hôtes ou encore les partenaires régionaux). Jake Sherman considère qu’il y a deux moyens de mesurer le succès de « l’Action for Peacekeeping » : d’une part voir dans quelle mesure les États membres honorent leurs engagements, et d’autres part dans quelle mesure ces engagements permettent aux OMP de mettre fin aux conflits et d’installer une paix durable.
     
  • Jake Sherman et Adam Day, Political Solutions Must Drive the Design and Implementation of Peace OperationsInternational Peace Institute, juin 2018. Cette note de Jake Sherman et Adam Day, traite d’un axe central de l’initiative « Action pour le maintien de la paix » (A4P), à savoir la recherche de solutions politiques dans la conception et la mise en œuvre des opérations de paix afin d’aboutir à une paix durable et au renforcement du maintien de la paix. Les chercheurs évoquent les défis auxquels sont confrontées les opérations de maintien de la paix actuelles pour définir et atteindre des solutions politiques, du fait de la nature des conflits affectant les pays dans lesquels les Casques bleus sont déployés. Ils proposent ensuite neuf recommandations générales visant à mieux lier les mandats et la stratégie politique des missions afin de favoriser les solutions politiques face aux crises complexes dans lesquelles les missions de maintien de la paix sont déployées. Ces recommandations soulignent la nécessité de développer une compréhension commune des objectifs de la mission par les parties prenantes, et de soutenir une stratégie politique globale pour toutes les composantes de la mission afin d’atteindre lesdits objectifs. De plus, le Représentant spécial du Secrétaire général doit être en charge de la conception, de la mise en œuvre et de la révision régulière de la stratégie globale d’une mission ; à cette fin, le chef d’état-major de la mission doit s’assurer que la stratégie du Représentant spécial est traduite en termes opérationnels pour toutes les composantes de la mission. Les auteurs préconisent également une hiérarchisation et un séquençage des mandats pour faire avancer le processus politique d’une mission. Il est aussi nécessaire de prendre des mesures concrètes pour lier l’engagement politique des Nations unies aux niveaux international, régional, national et sous-national : les missions doivent être explicitement mandatées pour soutenir les initiatives de médiation locales et nationales, les représentants spéciaux doivent participer plus activement aux stratégies politiques régionales et sous-régionales afin de s’assurer qu’elles soient alignées avec celles des Nations unies et les États membres de l’ONU ont la responsabilité de fournir un soutien politique et un accompagnement continus aux opérations de paix.
  • Lisa Sharland, "How Peacekeeping Policy Gets Made: Navigating Intergovernmental Processes at the UN", International Peace Institute, Mai 2018. Ce rapport s’intéresse aux processus intergouvernementaux à l’œuvre dans l’élaboration des politiques de maintien de la paix de l’ONU, en vue d’identifier des éléments à prendre en compte pour construire un consensus sur leurs orientations futures. L’auteure rappelle que le rapport HIPPO de 2015 sur les opérations de paix reconnaissait déjà la nécessité de renforcer les processus intergouvernementaux ainsi que les « consultations triangulaires » entre le Conseil de sécurité, le Secrétariat et les pays contributeurs de troupes, dans l’élaboration des mandats des opérations de paix. Comme l’a d’ailleurs rappelé le Secrétaire général  en insistant sur l’importance de l’action collective des États membres dans le cadre de sa nouvelle initiative « Action pour le maintien de la paix » lancé en mars dernier. Le document souligne particulièrement la portée des consultations et négociations intergouvernementales pour le maintien de la paix de l’ONU. En effet, ce sont les États membres de l’ONU qui rendent les mandats du Conseil de sécurité opérationnels par la fourniture d’une contribution financière, en personnel et en équipements. La compréhension des processus intergouvernementaux et des partenariats est par conséquent essentielle pour aborder les réformes et construire un consensus sur l’orientation future du maintien de la paix. D’autant plus que, rappelle Lisa Sharland, les parties impliquées dans la formulation des politiques de maintien de la paix (pays fournisseurs de contingents, contributeurs financiers, membres permanents du Conseil de sécurité, pays hôte) ont des intérêts différents voire divergents sur les réformes à entreprendre. Ces différences sont souvent aggravées par un accès limité des États à l’information ainsi que par les divergences sur le rôle et les responsabilités des organes des Nations unies dans la mise en œuvre des réformes du maintien de la paix. Afin de dépasser les nombreux défis liés aux processus intergouvernementaux existants et en renforcer les résultats, le rapport propose plusieurs recommandations à l’attention du Secrétariat, des États membres et des autres parties impliquées dans la formulation des politiques de maintien de la paix. Premièrement, l’auteure préconise de favoriser la compréhension des défis du maintien de la paix de l’ONU et du processus d’élaboration des politiques par les représentants travaillant sur les questions de maintien de la paix et les pays contributeurs de troupes. Deuxièmement, les États doivent renforcer les mécanismes de consultation informels pour discuter des questions de maintien de la paix. Le Conseil de sécurité est également invité à dialoguer de manière plus dynamique avec les pays fournisseurs de contingents et les pays en développement. Troisièmement, il est nécessaire  de définir une vision commune. À cette fin, le dialogue sur les limites et le rôle des principes du maintien de la paix doit être encouragé ; il en est de même pour l’identification des priorités pour le financement extrabudgétaire du DOMP et du DAM et la réforme des méthodes de travail du comité C-34. Quatrièmement, il faut améliorer le partage de l’information, les rapports et la responsabilisation entre les différents acteurs impliqués.
     
  • Mona Ali Khalil, "With UN Security council reform, bigger is not better", Passblue, 28 mars 2018. Selon l’article 23 de la Charte des Nations unies, les dix membres non permanents du Conseil de sécurité sont élus par l’Assemblée générale qui tient « spécialement compte, en premier lieu, de la contribution des membres de l’organisation au maintien de la paix et de la sécurité internationales et aux autres fins de l’Organisation et aussi d’une répartition géographique équitable. ». Selon l’auteur, enportant l’attention à la composition du Conseil de sécurité depuis deux décennies, les États membres (EM) se sont détournés de la question de la performance du Conseil de sécurité. Les discussions relatives à l’augmentation du nombre de sièges ont surtout divisé les EM, ceux-ci travaillant davantage les uns contre les autres.  En outre, l’Assemblée générale (AG) apparait comme l’otage de la volonté des cinq membres permanents qui doivent ratifier toute modification de la Charte en cas d’augmentation du nombre des membres. Par ailleurs, afin d’obtenir ou conserver un siège, les États sont trop complaisants envers les membres permanents et ne jouent pas le rôle de contrepoids afin que le Conseil assure ses responsabilités. Ils apparaissent trop divisés et donc trop faibles pour pouvoir s’opposer collectivement à certaines résolutions qu’ils considèrent injustes ou pour s’opposer au droit de véto. L’auteur propose trois mesures à la portée de l’AG afin de rendre le Conseil de sécurité plus efficace et ce, sans modifier la Charte des Nations unies : lors de l’élection des cinq membres du Conseil en juin prochain, l’AG pourrait examiner de manière plus approfondie la contribution de chaque pays candidat au maintien de la paix et à la sécurité ainsi qu’aux autres objectifs des Nations unies.
     
  • Arthur Boutellis, Alexandra Novosseloff, “Road to a Better UN? Peace Operations and the Reform Agenda”, IPI, novembre 2017. Arthur Boutellis et Alexandra Novosseloff, ont rédigé un rapport qui s’interroge sur l’efficacité du programme de réformes des opérations de paix des Nations unies que compte mener le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres. Les deux chercheurs rappellent que sur le terrain, les opérations de paix sont amenées à intervenir dans des environnements opérationnels de plus en plus complexes tandis qu’au niveau du siège des Nations unies, les États membres sont divisés sur la nature même (et le coût) du maintien de la paix. Le programme de réforme des opérations de maintien de la paix est axé sur cinq points : la revalorisation de la dimension préventive des conflits, la création d’un bureau des Nations unies spécialisé dans le contre-terrorisme, la réforme du système de développement des Nations unies, la restructuration de l’architecture du « Pilier paix et sécurité » et enfin, une réforme globale de la gestion au sein des Nations unies. Il est indispensable que les différents points de la réforme soient en corrélation avec les orientations stratégiques du rapport HIPPO. Arthur Boutellis et Alexandra Novosseloff ont notamment indiqué qu’une simple réorganisation structurelle ne règlerait les problèmes que sur le court terme. C’est pourquoi il est indispensable que la réforme soit cohérente et réfléchie, afin qu’elle modifie en profondeur les approches et les processus onusiens du maintien de la paix.
     
  • Alexandra Novosseloff, "Can we make peacekeeping great again ?", Global Peace Operations Review, mai 2017. Alexandra Novosseloff affirme que la réforme des Opération de maintien de la paix (annoncée par le Secrétaire général (SGNU) Antonio Guterres ne pourra réellement fonctionner que si une réflexion sur la nature et les limites des OMP est menée et permet d’aboutir à un consensus autour d’une nouvelle doctrine des OMP. La chercheuse souligne que les OMP n’ont eu de cesse, depuis leur création, de se réinventer, et qu’elles constituent un moyen relativement bon marché et efficace de contenir les conflits violents. Elle ajoute que les mandats trop larges et trop vagues et la militarisation des missions (brigade d’intervention rapide, contre-terrorisme) en l’absence de doctrine en la matière ont cependant créé des attentes impossibles à remplir pour les OMP, mis à mal les principes de base et les capacités des OMP, divisé les États membres des Nations unies et affaibli la crédibilité de l’organisation. Selon elle, les limites actuelles des OMP sont multiples. Premièrement, l’ONU n’a jamais reçu suffisamment de moyens pour mener à bien les tâches qui lui sont confiées. Deuxièmement, une fois sur le terrain, les OMP font face à plusieurs problèmes : les Casques bleus déployés loin des intérêts stratégiques de leur pays souhaitent prendre un minimum de risque, les unités qui les constituent manquent d’interopérabilité, les territoires de déploiement sont souvent très étendus, et les OMP manquent souvent du support de leurs créateurs – en particulier les membres du Conseil de sécurité (CSNU). Enfin, l’impartialité qui fait l’identité des OMP décourage l’utilisation de la force. Alexandra Novosseloff conclut que, pour renforcer les OMP, il faut que les pays contributeurs de troupes s’entendent sur les limites des OMP, en recentrant celles-ci sur leurs principes de base que sont l’impartialité, l’utilisation minimale de la force et le consentement, et que le CSNU joue un rôle politique plus actif, y compris via des embargos et des sanctions.

 

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