• Lidet Tadesse Shiferaw, « The AU-UN peace and security partnership: power and politics », ECDPM, Septembre 2021. Ce rapport fait le point sur l’évolution du partenariat pour la paix et la sécurité entre l'Union africaine (UA) et les Nations unies (ONU). L’auteure aborde l’historique de la création de l’UA et sa collaboration avec l’ONU, décrivant un environnement dont les dynamiques sont très et trop souvent liées au pouvoir, au sein même du maintien de la paix. Une chose est sûre, l’UA et l’ONU ont fait de ce partenariat une priorité. Reconnaissant son importance stratégique, les deux organisations ont mis en place plusieurs mécanismes de coordination au fil des ans. Le rapport met surtout en lumière les dimensions politiques de ce partenariat. Finalement, pour les auteurs, la relation symbiotique entre l'UA et l'ONU réside dans le fait que l'UA dispose d'une plus grande marge de manœuvre politique et doctrinale pour déployer des forces, mais elle manque de moyens financiers. L'ONU conserve une légitimité juridique, notamment lorsqu'il s'agit d'autoriser le recours à la force. Dans la mesure où les deux organisations se complètent et œuvrent à une meilleure coopération et à un partenariat efficace en matière de paix et de sécurité, elles se font également concurrence pour la primauté et le pouvoir.
     
  • Daniel Forti et Priyal Singh, « Can the UN and AU Navigate the Shifting Landscape of Multilateral Peace Operations? », IPI Global Observatory, juillet 2021.Alors que la coopération entre l’ONU et l’UA est un pilier de l’Architecture Contemporaine de Paix et de Sécurité de l’Afrique, Daniel Forti et Priyal Singh dressent un bilan des principaux défis du multilatéralisme au sein des OP. Cet article alerte sur l’importance d’un partenariat approfondi entre l’ONU et l’UA face à la complexité croissante des menaces sécuritaires sur le continent, une action essentielle pour mettre en place des réponses efficaces aux multiples crises en gestation. Bien que les pays africains fournissent près de 47% de l’ensemble du personnel des OP, que l’opération AMISOM de l’UA en Somalie dresse un bilan positif de son action en matière de maintien de la paix, et que la coopération entre l’ONU et l’UA ait progressé de manière significative ces dernières années, les deux institutions se rapprochent d'une impasse sur la manière de soutenir collectivement les OP. Face aux nouveaux défis en Éthiopie, au Cameroun, au Tchad, ou encore au Mozambique, un alignement politique entre le Conseil de Sécurité de l’ONU et le Conseil de paix et de sécurité de l’UA aurait pu permettre d’apporter des réponses efficaces face aux crises émergentes. Au lieu de ça, aucune décision des deux institutions ne s’est montré à la hauteur, estiment les auteurs. Les OP sont mises à rude épreuve face à la multiplication des acteurs. Il existe désormais un risque de brouiller les distinctions entre les OP multilatérales et les initiatives de lutte contre le terrorisme ; entre les États membres, les opérations régionales, les États contributeurs, sans une véritable politique commune. Le financement des OP demeure une question incertaine où il est difficile de trouver un terrain d’entente face aux couts colossaux qu’elles représentent. Des relations efficaces entre l’ONU et l’UA impliquent une bonne articulation des décisions et des mécanismes entre les actions et les communautés économiques régionales, sur la base du principe de subsidiarité. Le secrétariat de l’ONU et la Commission de l’UA doivent faire preuve de leadership sur la question pour consolider une nouvelle ère de multilatéralisme, définie par des stratégies, des valeurs et des principes politiques communs.
     
  • Hanna Serwaa Tetteh, "Strengthening Partnerships for African Solutions for African problems: Implications for peace support operations", ACCORD, mai 2021. Hanna Serwaa Tetteh s’interroge sur les implications du slogan « des solutions africaines à des problèmes africains » pour les enjeux de maintien de la paix. Elle rappelle que les pays africains contribuent à hauteur de 85% des déploiements au sein des missions onusiennes de maintien de la paix et à 100% des opérations menées par l’UA. Elle estime que l’engagement des pays africains au sein de ces missions onusiennes doit être renforcé, tout comme la coordination et la collaboration entre nations africaines, afin de pouvoir servir l’objectif fixé par ce slogan. Pour ce faire, il est nécessaire de garantir un soutien logistique et financier à la fois suffisant et prévisible à long terme. Elle appelle à réexaminer les enjeux de financement durable via les contributions gérées par l’ONU, soulignant l’importance d’une évaluation claire de ces financements comme garantie de leur stabilité. Sécuriser ces financements serait, pour la représentante spéciale, une étape cruciale pour faciliter des opérations de paix menées par les pays africains pour les pays africains, marquant une avancée pour le maintien de la paix et la résolution des conflits sur le continent.
     
  • Daniel Forti et Priyal Singh, "Toward a More Effective UN-AU Partnership on Conflict Prevention and Crisis Management", IPI, octobre 2019. Cet article appelle à un examen approfondi de la façon de mettre en cohérence la politique et la coordination opérationnelle entre l’ONU et l’Union africaine sur les questions de prévention des conflits et de gestion de crise. Les deux instituts formulent quatre recommandations : renforcer les liens entre les deux Conseils, œuvrer en faveur d’une approche collective sur la prévention et la gestion de crise, créer une équipe dédiée au sein de la Commission paix et sécurité de l’UA, mieux coordonner les activités de consolidation de la paix et de reconstruction et développement post-conflit, et renforcer l’initiative de l’UA sur le contrôle des armes « Silencing the guns ».
     
  • Crisis Group, A Tale of Two Councils: Strengthening AU-UN Cooperation, juin 2019. Si le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, et le président de la Commission de l'UA, Moussa Faki Mahamat, ont fait de l'approfondissement du partenariat UA-ONU une priorité, les principaux organes politiques des deux organisations – le Conseil de sécurité des Nations unies et le Conseil de paix et de sécurité de l'UA (CPS) – échouent encore souvent à coordonner leurs positions lors de crises majeures pour des raisons politiques et procédurales. Crisis Group rapporte ici comment les relations entre le Conseil de sécurité et le CPS ont longtemps été marquées par une compétition pour la primauté et pourquoi une meilleure communication entre les deux conseils – et une meilleure coordination du CPS avec les membres africains du Conseil de sécurité – peuvent être utiles.
     
  • Daniel Forti, Gustavo De Carvalho et Priyal Singh, "Au-delà de la politique : des options pour un partenariat UA-ONU performant", ISS Africa, mai 2019. Les auteurs reviennent dans cet article sur la nécessaire collaboration entre l'ONU et l'UA qui n'a pas toujours été facile. Récemment, les États membres sont devenus de plus en plus divisés sur les éléments clés du partenariat, en particulier la question du financement. Cette étude vise à proposer des solutions pour une meilleure collaboration entre les deux organisations.
     
  • Gustavo de Carvalho, "To Improve Peacekeeping, UN and AU Need to Improve Partnership", International Peace Institute, juin 2018. Gustavo de Carvalho s’intéresse au partenariat existant entre l’ONU et l’Union africaine en matière de maintien de la paix. Tout en reconnaissant les efforts mis en œuvre pour renforcer l’efficacité du partenariat entre l’ONU et l’UA sur les plans stratégique et opérationnel, l’auteur de la note met en exergue certains des défis auxquels sont confrontées leurs relations avant de proposer des solutions pour renforcer le partenariat entre les deux organisations. Gustavo de Carvalho recommande la tenue de réunions plus régulières entre le Conseil de sécurité de l’ONU et le Conseil de paix et de sécurité de l’UA afin de développer davantage les processus politiques et la coordination des décisions. Il pointe aussi la responsabilité des trois membres africains non-permanents du Conseil de sécurité de s’assurer que les pratiques et les discussions de l’UA peuvent soutenir une coopération renforcée entre les deux institutions. L’auteur préconise également que dans les déploiements ponctuels actuels et futurs, l’ONU et l’UA élaborent des lignes directrices appropriées, notamment en matière de financement, de commandement et de contrôle, ainsi que de doctrine, afin de clarifier leurs rôles et responsabilités respectifs, ainsi que leur niveau d’engagement et de soutien mutuel. Tout en citant l’exemple de la Force G5 Sahel, il ajoute que les deux organisations devraient aussi clarifier leurs rôles et responsabilités dans le déploiement d’initiatives ad hoc. L’article fait valoir qu’à ces problèmes politiques s’ajoutent ceux bureaucratiques, dûs à la marge de manœuvre substantielle des bureaucrates. L’un des moyens d’accroître la coordination bureaucratique entre l’ONU et l’UA consisterait à recourir à une planification conjointe, une analyse et une interaction bureau par bureau plus fréquentes et plus structurées. Le chercheur note cependant qu’il existe une différence de capacité en termes de personnel entre les deux organisations qui ne doit pas être négligée. Ainsi, l’ONU pourrait envisager de détacher un plus grand nombre de membre du personnel au sein de la Commission de l’UA, pour en renforcer les capacités mais aussi pour améliorer la compréhension que l’ONU a de son fonctionnement interne. Pour sa part, l’UA devrait renforcer sa présence au siège des Nations unies à New York pour mieux influencer les processus politiques. L’article conclu que l’objectif de renforcement des partenariats appelé par l’A4P ne pourra être atteint que lorsqu’une division plus claire du travail, une confiance mutuelle et des arrangements de partage des tâches auront été convenus entre l’ONU et l’UA.
     
  • Paul D. Williams et Thong Nguyen, "Neighborhood Dynamics in UN Peacekeeping Operations, 1990-2017", International Peace Institute, avril 2018. Les auteurs de ce rapport constatent que ces dix dernières années, les opérations de paix ont plus que jamais auparavant connu la participation des pays voisins de l’État hôte d’une mission. Or, selon Paul D. Willians et Thong Nguyen, le fait d’avoir des pays voisins parmi les pays contributeurs de troupes peut amener des avantages comme des défis. D’une part, ils argumentent que la proximité géographique peut rendre les voisins directement ou indirectement parties au conflit. D’autre part, les pays voisins ont une meilleure connaissance de l’État hôte et des dynamiques du conflit, un intérêt particulier à parvenir à une solution politique et à supporter des missions difficiles, notamment lorsque le conflit menace de s’étendre à leur territoire, et la possibilité de déployer rapidement des troupes. Les auteurs de ce rapport rappellent qu’afin d’assurer le succès des OMP, les Nations unies ont récemment essayé d’augmenter le nombre de pays contributeurs et réorganisé le système de génération de force pour rendre les contingents plus efficaces sur le terrain, en choisissant les pays contributeurs les mieux préparés. Aujourd’hui, notent Paul D. Willians et Thong Nguyen, le débat persiste sur l’opportunité pour l’ONU d’augmenter le nombre de Casques bleus tirés de pays voisins à l’État hôte. En décembre 2017, alors que sept opérations ne disposaient pas de troupes issues de pays voisins à leur lieu de déploiement, quatre missions comptabilisaient plus de la moitié de leurs troupes issues de pays voisins (MINUSMA, MINUSCA, UNISFA et MINUK).
     
  • Adam Moe Fejerskov, Signe Marie Cold-Ravnkilde, Peter Albrecht, « African peace operations and the power of regional interests », DIIS, novembre 2017. Dans un rapport consacré aux cas de la MINUSMA et de l’AMISOM (Somalie), Adam Moe Fejerskov, Signe Marie Cold-Ravnkilde et Peter Albrecht, étudient les liens entre les missions de maintien de la paix des Nations unies en Afrique et les intérêts stratégiques des États régionaux. Les soldats africains constituent aujourd’hui la moitié des effectifs des opérations onusiennes de maintien de la paix. Ensemble, les missions de l'ONU et de l'UA (déployées depuis les années 2000) totalisent 85 000 soldats africains. Dans plusieurs de ces missions, les États voisins et régionaux proches – parfois impliqués dans des situations de conflit – fournissent une part importante du personnel des missions. Selon ces chercheurs, si les États africains fournissent davantage de contingents aux opérations de maintien de paix des Nations unies depuis vingt ans, cela s’expliquerait par le fait qu’un grand nombre de ces États ont des intérêts stratégiques spécifiques dans les zones d’intervention des OMP, ou sont même parfois directement impliqués dans les conflits. Cependant, les chercheurs rappellent que c’est aussi les forts intérêts régionaux des États voisins aux zones de conflits qui ont permis de faciliter le lancement et la consolidation de la MINUSMA par exemple. Si les pays de la région n’avaient pas été concernés par les tensions, l’opération de maintien de la paix n’aurait jamais pu être mise sur pied, et le maintien de la paix n’aurait pas fait les progrès qu’il a fait dernièrement.
     
  • Daniel Hampton, Dorina Bekoe, Alix Boucher, "Peacekeeping Crucial for African Stability", Africa Center for Strategic Studies, septembre 2017. Daniel Hampton, Dorina Bekoe et Alix Boucher ont publié un article dans Africa Center for Strategic Studies qui met en avant le rôle des opérations de maintien de la paix dans l’amélioration de la stabilité du continent africain depuis une vingtaine d’années. Si les critiques envers les OMP sont multiples, depuis 2000, la multiplication des opérations de paix des Nations unies et de l’Union africaine (environ quarante opérations déployées) a permis d’enregistrer une baisse de 35 % des conflits en Afrique par rapport aux années 1990. En mettant en place huit interventions depuis le début des années 2000, l’Union africaine a tranché avec la politique de « non-ingérence » de sa prédécesseure, l’Organisation de l’unité africaine, qui avait tendance à laisser perdurer les crises politiques et humanitaires. En faisant le choix de se rapprocher du principe de « non-indifférence », l’organisation régionale est devenue beaucoup plus crédible dans sa volonté de maintenir la paix. De plus, les chercheurs de l’Africa Center for Strategic Studies estiment que si on donnait les moyens matériels et financiers nécessaires aux OMP pour qu’elles effectuent leurs mandats complexes, les missions rempliraient plus efficacement leurs objectifs dans des pays tels que la RDC, le Mali ou la Centrafrique. Une réforme des OMP en tenant compte des recommandations du rapport HIPPO est aussi indispensable. Enfin, les Nations unies font parties d’un processus politique très large qui vise à sauver des vies et stabiliser des pays, et qu’elles ont besoin d’un soutien actif de la diplomatie active et de la volonté politique des acteurs régionaux ou internationaux. En somme, si les missions des Nations unies ou de l’UA ont des défauts, sans leur présence, les conflits africains seraient plus intenses et plus fréquents. La pression serait alors sur les épaules des États qui devraient intervenir eux même militairement dans les pays en crise, ce que très peu d’entre eux sont prêts à faire actuellement.  
     
  • Xenia Avezov, Jaïr Van Der Lijn et Timo Smit, "Directions africaines. Vers un partenariat équitable dans les opérations de paix", Stockholm International Peace Research Institute, 2017. Cette étude du SIPRI et de la Fondation Friedrich-Ebert (FFE) est consacrée à la nouvelle géopolitique des opérations de paix. Ce rapport, largement basé sur six réunions de dialogue avec des participants de différentes régions d’Afrique, examine les perceptions d’avenir des opérations de paix sur le continent. Le rapport souligne la nécessité d’améliorer la collaboration entre les acteurs africains et les acteurs externes et de renforcer leur compréhension mutuelle. L’importance des actions en faveur de la prévention des conflits, du développement économique et de la bonne gouvernance est mise en exergue. Pour ce qui concerne plus spécifiquement les opérations de paix, les auteurs estiment qu'il faudra porter une attention croissante aux défis majeurs non traditionnels de sécurité (par ex. le crime organisé et le terrorisme), renforcer l’aspect multidimensionnel et civil, et se déployer plus souvent avec des mandats transnationaux ou régionaux.
     
  • Katharina P. Coleman, Paul D. Williams, "Logistics Partnerships in Peace Operations", International Peace Institute, juin 2017. Il existe une grande disparité des moyens entre les pays contributeurs des Opérations de maintien de la paix (OMP), plusieurs États n’étant en mesure de fournir le matériel adéquat. Cette disparité entraine la nécessité de partenariats logistiques entre les pays contributeurs, les Nations unies, d’autres pays et organisations internationales, et des acteurs privés. Katharina P. Coleman et Paul D. Williams posent un certain nombre de recommandations pour améliorer ces partenariats et, in fine, l’efficacité des opérations de maintien de la paix. En ce qui concerne l’ONU, ils préconisent d’adapter les règles et procédures aux environnements dangereux, de tirer un meilleur parti des partenariats avec les opérations régionales, d’améliorer la coopération entre les missions, de continuer à rendre ses missions autonomes, et de s’assurer que les partenaires logistiques possèdent les éléments logistiques nécessaires et des incitants à les déployer. Au niveau des OMP africaines, l’ONU et les organisations régionales devraient clarifier leurs conditions d’octroi de financement logistique ; les États partenaires devraient améliorer leur coopération ainsi que leur coordination, et s’inquiéter de leur capacité à financer le support logistique auquel ils s’engagent ; et l’Union africaine devrait continuer à améliorer la capacité de sa Commission à soutenir les missions
     
  • Annette Leijenaar et Gustavo De Carvalho, "Can funding uncertainty improve peacekeeping in Africa?", Institute for Security Studies, 28 avril 2017. Selon un article de l’Institute for Security Studies (ISS), les États-Unis pourraient réduire de 40 % leur contribution financière aux opérations de maintien de la paix des Nations unies et de 30 % leur aide étrangère globale. Ce pays étant un financeur important de l’ONU et de l’Union africaine (UA), cette décision risque d’avoir de grandes conséquences pour les deux organisations. Toutefois, l’ISS considère que l’incertitude quant aux financements américains pourrait se transformer pour l’UA en une opportunité de réforme de l’orientation stratégique de ses missions afin de les rendre plus efficaces.
     
  • Peter Arthur, "Promoting Security in Africa through Regional Economic Communities (RECs) and the African Union’s African Peace and Security Architecture (APSA)", Insight on Africa, 2017. En dépit des progrès des Communautés économiques régionales (CER) et de l’Union Africaine (UA) en matière de sécurité, de nombreux obstacles persistent. Au-delà des facteurs financiers, dont la rareté contribue à l’avancement de l’agenda sécuritaire africain, les conflits d’intérêts, le manque de coordination, et l’absence de ressources humaines et logistiques, amoindrissent les capacités des CER et de l’UA dans le domaine du maintien de la paix. Pour mener à bien leurs objectifs et mandats, le renforcement de capacité de ces organisations ne pourrait se passer d’une véritable volonté politique et d’un engagement pérenne.
     
  • Timo Smit, Jaïr van der Lijn et Xenia Avezov, "Time to rethink the peace operations partnership in Africa", Report of the Stockholm Internation Peace Research InstituRe, février 2017. Les opérations de paix sur le continent africain représentent 75 % des troupes déployées dans le cadre de l’effort pour le maintien de la paix des Nations unies. Ce rapport souligne que le partenariat global avec les acteurs africains compétents en la matière, n’est pas suffisamment équitable et pondéré. S’appuyant sur un ample travail de terrain, les auteurs de l’étude proposent un ensemble de mesures à prendre, de sorte que la collaboration et la compréhension mutuelle des multiples acteurs impliqués s’améliore. Le rapport affirme que le postulat sur lequel repose les relations entre acteurs du continent, organisations multilatérales et donneurs bilatéraux, doit être réévalué. L’effort d’appropriation des opérations de paix par les acteurs africains doit s’accompagner d’une participation accrue – notamment en termes de contribution – des partenaires extérieurs, et non d’une diminution, comme certaines tendances observées le suggèrent. Toutefois, le renforcement de la participation des partenaires extérieurs ne sera porteur de succès que si les acteurs africains l’accompagnent d’une amélioration de la redevabilité de leurs propres forces de sécurité.
     
  • Adriana Lins de Albuquerque, "The African Peace and Security Architecture (APSA)– Discussing the Remaining Challenges", Swedish Defence Research Agency, octobre 2016.. Se penchant sur la situation de l’architecture africaine de sécurité, Adriana Lins de Albuquerque interroge l’agencement des principales composantes de l’UA compétentes en la matière, et souligne les faiblesses structurelles des capacités de l’organisation en la matière, en particulier la dépendance aux financements extérieurs. Dans son rapport du Swedish Defence Research Agency, la chercheuse suggère un renforcement de capacités de l’organisation, pour rendre plus efficientes la Force africaine en attente (FAA), ainsi que la Capacité africaine de réponses immédiates aux crises (CARIC).
     
  • Revue de Défense Nationale, "Des Afriques – Gestion des crises et résolution des conflits en Afrique sub-saharienne", été 2016. Ce numéro de la RDN est entièrement dédié à la gestion des crises en Afrique sub-saharienne. Plusieurs articles s’adressent en particulier aux opérations de maintien de la paix de l’ONU. Dans l’un d’entre eux, Alexandra Novosseloff fait un état des lieux de l’engagement onusien en la matière. Un autre article, rédigé par Parfait Onanga-Anyanga, se concentre sur la MINUSCA (République centrafricaine) et son nouveau rôle dans un contexte qualifié de « post-transition ». Maxime Ricard trace quant à lui un bilan globalement positif de l’ONUCI en Côte d’Ivoire, en soulevant toutefois certaines interrogations sur l’impact de long terme de cette mission. Enfin, signalons un article de Thierry Tardy sur la coopération entre l’Union africaine et l’Union africaine sur la gestion des crises.
     
  • Walter Dorn et Joshua Libben, "Unprepared for Peace? The Decline of Canadian Peacekeeping Training (and What to Do About It)", Canadian Centre for Policy Alternatives, février 2016. Depuis le désengagement du Canada des opérations de paix dans le cadre des Nations unies, il y a plus d’une décennie, la complexité, l’envergure et les exigences des missions de maintien de la paix ont accrues drastiquement. Alors que le Canada devrait dévoiler dans les mois à venir sa nouvelle stratégie en matière de maintien de la paix, et annoncer le retour de ses troupes dans les opérations de paix, l’étude du Canadian Centre for Policy Alternatives souligne la nécessité de l’appropriation des nouvelles exigences des OMP par les forces canadiennes. Walter Dorn et Joshua Libben y font un état des lieux exhaustif de la formation des contingents canadiens aux compétences requises pour la participation aux opérations de la paix. Dans un deuxième temps, les auteurs suggèrent de réformes pour améliorer l’aptitude des forces canadiennes à répondre aux défis des opérations de maintien de la paix.

  

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