24 février 2026

Les effets des changements climatiques sur les opérations de maintien de la paix – Vers une adaptation nécessaire

Selon Agathe Sarfati, six missions onusiennes sur dix sont déployées sur des zones fortement affectées par la crise climatique. Touchant les populations civiles déjà fragilisées par les conflits armés, les phénomènes météorologiques extrêmes – telles que les sécheresses et les inondations -, déstabilisent aussi l’action du personnel en uniforme sur le terrain et modifient les conditions dans lesquels il s’engage. À partir de ces constats, l’Observatoire Boutros-Ghali du maintien de la paix organisait en mai 2025 un séminaire intitulé Intégrer les enjeux environnementaux dans les opérations de maintien de la paix. Anticiper les crises, freiner les émissions et planifier de manière durable. Cette note a pour vocation d’approfondir les discussions tenues lors de cet événement.

Dans un premier temps, la note met en lumière les effets du dérèglement climatique sur les capacités logistiques et humaines des opérations de paix. En effet, la recrudescence des phénomènes météorologiques extrêmes dus aux changements climatiques est un facteur immobilisant pour les troupes onusiennes. En contexte d’inondations, de tempêtes et de canicules, les déplacements deviennent ardus, dangereux, voire impossibles. Le matériel est mis à l’épreuve, et est même susceptible d’être mis hors service. Les catastrophes naturelles peuvent aussi menacer le fonctionnement des bases, notamment en matière de ravitaillement énergétique. Plus encore, les changements climatiques réduit les ressources humaines des missions en affectant la santé du personnel, lequel court un risque de déshydratation, de coup de chaleur ou de maladies parasitaires et hydriques.

Dans un second temps, la note explique comment les changements climatiques complexifie la mise en œuvre des mandats des missions, à commencer celui de protection des civils – cœur même des missions de paix. En effet, les phénomènes liés à la dégradation du climat augmentent la dépendance des populations civiles à l’assistance humanitaire, et les surexposent à la violence. Enfin, les changements climatiques compliquent la construction de paix entreprise par les États hôtes, en collaboration avec les missions. Par conséquent, les changements climatiques réduisent les capacités matérielles et humaines des missions à s’acquitter de leurs mandats, tout en alourdissant leur cahier des charges.

Les effets des changements climatiques sur les opérations de maintien de la paix – Vers une adaptation nécessaire

 

Cette publication est également disponible en anglais. Pour plus d’informations, voir The impacts of climate change on peacekeeping operations – Towards a crucial adaptation.

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Anne Nguyen est chargée de recherche au sein du GRIP. Elle est détentrice d’un Master en Relations Internationales – sécurité, paix et conflits à l’Université libre de Bruxelles (ULB) et d’un Doctorat en sciences politiques de l’ULB. Ses domaines d’expertise sont les études de paix, les problématiques post-conflit et les questions environnementales liées à la conduite de la guerre.

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