Kevin Steeves, et al., « Security Sector Reform and United Nations Transitions : Factors for Success », SIPRI, juillet 2026.
Kevin Steeves, et al., « Security Sector Reform and United Nations Transitions : Factors for Success », SIPRI, juillet 2026.
Dans ce rapport publié par le Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI), Kevin Steeves, Jaïr van der Lijn, Abel Gbala, Marina Caparini et Gretchen Baldwin, chercheurs au SIPRI, analysent, à la lumière des transitions à venir de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) et de la Mission des Nations unies au Soudan du Sud (MINUSS) ainsi que de la fermeture précipitée de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) fin 2023, les enseignements tirés de deux processus historiques de retrait onusien impliquant la réforme du secteur de la sécurité (RSS) : l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (2004-2017) et les différentes missions déployées en Sierra Leone (1999-2014).
Les auteurs constatent que le cas ivoirien est généralement considéré comme un succès limité, la RSS ayant été transférée trop rapidement au gouvernement et à l’équipe pays, alors que la Sierra Leone, où le relais a d’abord été assuré par deux missions politiques spéciales avant la passation finale, est jugée plus concluante. Cette différence tient notamment à la présence, en Sierra Leone, d’un acteur bilatéral engagé sur le long terme (le Royaume-Uni), à un ancrage plus solide de la RSS dans les stratégies nationales de réduction de la pauvreté, et à une transition mieux planifiée et financée, quand la Côte d’Ivoire a souffert d’un calendrier précipité, d’un manque de ressources pour l’équipe pays et de la persistance de failles dans le processus de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR).
L’étude s’appuie sur onze facteurs de réussite ou d’échec de la RSS – de la connaissance du contexte politique à la disponibilité d’un financement durable, en passant par l’implication de la société civile, la prise en compte du genre et l’articulation avec le DDR – pour formuler des recommandations. Les auteurs insistent notamment sur la nécessité d’ancrer la RSS dans des cadres de relèvement national plus larges, d’aider à faire émerger des « champions nationaux » à différents niveaux de pouvoir, de renforcer très en amont le rôle de contrôle de la société civile, et de veiller à ce qu’un acteur international ou une mission politique de suivi puisse prendre le relais pour éviter tout effondrement des acquis une fois la mission onusienne partie. Les auteurs rappellent enfin que la RSS reste un processus générationnel que les opérations de paix ne peuvent qu’amorcer, sans jamais prétendre l’achever.
Albert Trithart, « Communications stratégiques et transitions de maintien de la paix de l’ONU », International Peace Institute, 14 mai 2026.
Albert Trithart, « Communications stratégiques et transitions de maintien de la paix de l’ONU », International Peace Institute, 14 mai 2026.
Dans cet article de l’International Peace Institute (IPI) paru le 14 mai, Albert Trithart, chargé de recherche principal et chef des publications à l’IPI, analyse le rôle des communications stratégiques en période de transition des opérations de paix de l’ONU.
Pour assurer leur mandat, les responsables d’opérations de paix connaissent le rôle de la communication dans le cadre de la réalisation de leurs missions et d’autant plus dans le cadre des périodes de transition. En effet lors de ces changements structurels, la communication stratégique est en enjeux majeur pour faciliter ces processus. Entretenir une communication efficace permet d’informer les populations, l’État hôte et les États contributeurs de Casques bleus des changements en cours et de lutter contre la mésinformation des populations. Une absence de communication stratégique peut donner lieu à un sentiment d’abandon de la part des populations et complexifier le processus de transition.
Plusieurs enseignements peuvent être tirés de l’expérience des missions en particulier du cas des missions qui gèrent des stations de radios de l’ONU et qui, dans le cas d’une transition pas assez planifiée, risquent de laisser un vide informationnel en cas d’arrêt brutal. L’auteur soulève des différences entre les communications de différentes missions ayant été en transition et met en avant l’exemple de la MONSUCO qui lors de son retrait du Sud-Kivu a réalisé une communication plus efficace que la MINUSMA lors de son retrait au Mali. L’auteur note que ces différences tiennent à la préparation et à la planification qui peuvent être insuffisantes et donner lieu à une communication qui peut manquer de modernité et être peu efficace. Ce manque de planification peut être étroitement lié aux priorités données par les directions des missions et donc aux moyens accordés. L’auteur note également que la coordination avec l’État hôte et les acteurs nationaux de la communication peut aider le processus de transition à l’image du retrait de la mission au Libéria. Cet élan est cependant empêché lorsque les relations avec l’État hôte sont tendues, comme dans le cas du retrait au Mali.
Enfin, l’auteur formule plusieurs recommandations :
- Élaborer un plan de communication suffisamment en amont du retrait,
- Investir dans une communication commune avec l’ONU et les acteurs nationaux,
- Établir des attentes réalistes en matière de communication,
- Accorder une place importante au dirigeant des missions au sein des stratégies de communication,
- Empêcher les fermetures brutales des radios de l’ONU essentielles à la continuité de l’information.
Prabin Khadka et Linnéa Gelot, « Legitimacy in Peacekeeping: Civilian Support Hinges on Peacekeeper Behavior, Not Outcomes », IGCC Policy Brief, 12 mai 2026.
Prabin Khadka et Linnéa Gelot, « Legitimacy in Peacekeeping: Civilian Support Hinges on Peacekeeper Behavior, Not Outcomes », IGCC Policy Brief, 12 mai 2026.
Dans un article de l’Institute on Global Conflicts and Cooperation de l’Université de Californie (IGCC), Prabin Khadka, maître de conférence à l’Université d’Essex, et Linnéa Gelot, maîtresse de conférence et professeure à l’Université suédoise de la défense, interrogent les fondements de la légitimité des opérations de maintien de la paix à partir d’une perspective rarement mobilisée : celles des populations civiles directement concernées.
Le point de départ est le constat d’une transformation profonde du secteur. Face au désengagement croissant de ses principaux financiers, le maintien de la paix onusien cède progressivement du terrain aux organisations régionales comme l’Union africaine, qui opèrent souvent avec des mandats plus restreints et des ressources limitées. Dans ce cadre, la coopération avec les civils devient un enjeu décisif pour l’efficacité des missions.
Pour identifier les facteurs qui déterminent le soutien ou le rejet des soldats de la paix par les civils, les auteurs ont conduit trois enquêtes auprès de 3 000 civils en Somalie et au Soudan du Sud. Plusieurs acteurs armés coexistent dans ces deux territoires, ce qui permet aux populations d’établir des comparaisons directes. Les enquêtes visaient respectivement à identifier les attributs déterminant les préférences civiles, à mesurer l’écart entre les comportements observés et les attentes normatives des populations, et à situer le niveau de confiance accordé aux soldats de la paix par rapport aux autres acteurs pourvoyeurs de sécurité.
Les résultats convergent vers une conclusion centrale : la légitimité des opérations de paix repose bien davantage sur la manière dont les soldats de la paix se comportent que sur les résultats qu’ils obtiennent. La fréquence des patrouilles apparaît comme un facteur positif dans les deux pays, renforçant significativement le soutien populaire. En revanche l’usage de la force produit des effets opposés selon les contextes : au Soudan du Sud, il est associé à davantage de soutien, tandis qu’en Somalie, une présence jugée trop coercitive tend à éroder la confiance des communautés. L’interaction directe avec les civils joue quant à elle un rôle positif, mais plus modeste.
L’étude révèle par ailleurs un décalage entre pratiques et attentes : les civils sud-soudanais estiment que les soldats de la paix n’interviennent pas assez, tandis que les Somaliens expriment une préférence pour davantage de retenue.
Les auteurs en concluent que la confiance civile ne découle pas de l’autorité formelle d’une mission, ni de ses succès opérationnels, mais de signaux comportementaux quotidiens (présence visible, engagement avec les communautés, proportionnalité des réponses) et également d’un alignement avec les attentes locales. À l’heure où les opérations de paix doivent faire plus avec moins, c’est sur ces dimensions que se joue, selon eux, leur viabilité future.
Linnéa Gelot and Prabin B. Khadka, « Civilian Perceptions and Protection of Civilians by Peacekeepers: Integrating Local Views into Robust Peace Operations », International Peace Institute, février 2026.
Linnéa Gelot and Prabin B. Khadka, « Civilian Perceptions and Protection of Civilians by Peacekeepers: Integrating Local Views into Robust Peace Operations », International Peace Institute, février 2026.
L’étude de l’International Peace Institute (IPI) rédigée par Linnéa Gelot, professeure associée à l’Université de défense suédoise et Prabin B. Khadka, maître de conférences à l’Université d’Essex, met en évidence un facteur souvent négligé dans les opérations de maintien de la paix : les perceptions des populations civiles. À partir d’enquêtes menées auprès de plus de 3 000 personnes en Somalie et au Soudan du Sud, l’étude montre que la confiance des civils envers les Casques bleus est déterminante pour l’efficacité des mandats de protection. Contrairement à l’idée selon laquelle la simple présence des forces de maintien de la paix suffirait à rassurer les populations, les résultats indiquent que cette confiance dépend avant tout du comportement des troupes, de leur légitimité perçue et de leur capacité à répondre concrètement aux menaces locales.
L’étude souligne que plusieurs facteurs influencent directement ces perceptions. La fréquence des patrouilles, l’usage (ou la retenue) de la force, ainsi que le respect des normes de conduite jouent un rôle clé dans la manière dont les communautés évaluent les missions. Les civils attendent non seulement une protection physique, mais aussi un comportement exemplaire et respectueux. Lorsque les forces sont perçues comme efficaces, accessibles et disciplinées, elles bénéficient d’un soutien accru, ce qui renforce leur capacité à agir. À l’inverse, un usage excessif de la force ou un manque d’interaction avec les communautés peut éroder rapidement la confiance et réduire l’acceptation locale des opérations de paix.
Au Soudan du Sud, les civils associent directement le comportement respectueux, la discipline et la proximité des forces à une plus grande confiance et légitimité. À l’inverse, en Somalie, ce lien est plus fragile, car les forces sont davantage perçues comme pouvant elles-mêmes exercer une violence problématique. Ainsi, l’usage de la force est généralement vu comme légitime au Soudan du Sud, mais plus contesté en Somalie. Enfin, l’interaction avec les communautés renforce clairement la confiance au Soudan du Sud, tandis qu’en Somalie elle ne suffit pas toujours à compenser un déficit de légitimité.
Enfin, le rapport plaide pour une meilleure intégration des perceptions civiles dans la planification et la conduite des opérations. Il recommande de systématiser la collecte de données locales afin d’adapter les stratégies aux réalités du terrain et d’améliorer la prise de décision. En tenant davantage compte des attentes et des expériences des populations, les missions de paix peuvent devenir plus légitimes, plus efficaces et mieux adaptées aux contextes spécifiques. L’étude conclut que la protection des civils ne dépend pas uniquement des capacités militaires, mais aussi de la qualité des relations entre les forces de paix et les communautés qu’elles sont censées protéger.
Jennifer Pulliam, « Optimizing the Use of Training and Capacity-Building Coordination Mechanisms in Support of United Nations Peace Operations », United Nations Peacekeeping, Integrated Training Service, Light Coordination Mechanism, novembre 2025.
Jennifer Pulliam, « Optimizing the Use of Training and Capacity-Building Coordination Mechanisms in Support of United Nations Peace Operations », United Nations Peacekeeping, Integrated Training Service, Light Coordination Mechanism, novembre 2025.
Ce rapport a été rédigé par Jennifer Pulliam, experte du maintien de la paix, pour le Mécanisme de coordination souple (Light Coordination Mechanism – LCM) de l’ONU. Il s’intéresse aux mécanismes qui favorisent et soutiennent la coordination de la formation et du renforcement des capacités à l’appui des opérations de paix de l’ONU ou mandatées par cette dernière, avec pour objectif de formuler des recommandations afin de renforcer cette coordination.
Le rapport soutien que malgré la réduction actuelle des missions onusiennes il faut continuer à investir dans la formation et le renforcement des capacités du personnel en uniforme qui doit répondre à des environnements de plus en plus instables et complexes. L’autrice alerte également sur les coupes budgétaires de l’ONU ainsi que sur la réduction de l’aide par plusieurs contributeurs ce qui risque de nuire à ces efforts de renforcement des capacités, dans ce cadre les solutions collaboratives sont essentielles.
Le rapport s’intéresse à différents mécanismes de coordination internationaux et régionaux et leurs différents rôles, structures et méthodes de financement. Il examine également les principales réalisations, les défis et les enseignements tirés afin de proposer des recommandations visant à optimiser l’efficacité de la coordination. Si les conclusions varient selon les mécanismes examinés, des thèmes généraux se dégagent néanmoins.
Ces mécanismes ont largement amélioré le partage d’information et favorisé la coopération entre différents acteurs, ce qui permet de toucher un public plus large. L’engagement soutenu de l’ONU, a renforcé ces mécanismes renforçant leur légitimité perçue, élargissant la portée de la participation des États membres aux efforts de formation et de renforcement des capacités, et attirant de nouveaux partenaires.
Pour autant, ces mécanismes et efforts de coordination sont confrontés à des défis comme le partage irrégulier des informations, les contraintes financières et en matière de personnel, la dispersion des efforts et les lacunes dans la coordination entre les différentes composantes. En outre, il existe peu de mécanismes permettant de coordonner les besoins en équipement et en capacités au-delà de la formation.
Sur base de ces conclusions, l’autrice émet une série de recommandations à destination des parties prenantes onusiennes ou non. Elle souligne soulignent que les investissements dans les partenariats de formation et de renforcement des capacités, ainsi que dans les mécanismes qui facilitent cette collaboration, doivent être ciblés, prioritaires et efficaces afin de maximiser les résultats et d’améliorer l’efficacité des opérations de paix.
Aïcha Pemboura, « Interculturality as a Potential Factor of Effectiveness and Acceptance of Peace Missions in Africa », Journal of Social Science Studies, Vol. 11 No. 2, décembre 2024.
Aïcha Pemboura, « Interculturality as a Potential Factor of Effectiveness and Acceptance of Peace Missions in Africa », Journal of Social Science Studies, Vol. 11 No. 2, décembre 2024.
Cet article publié par la Professeure Aïcha Pemboura dans le Journal of Social Science Studies, met en lumière l’importance de l’interculturalité dans les opérations de paix (OP). L’autrice définit ce concept comme « l’interaction (…) entre individus ou groupes issus de deux ou plusieurs milieux culturels différents ». Ces interactions peuvent se dérouler de manière directe (en personne) ou indirecte. Au sein des OP, les questions d’interculturalités sont omniprésentes : en effet, elles rassemblent une multitude de contingents issus des nombreux pays contributeurs de troupes (PCT) et des populations locales parfois très diverses. Une bonne compréhension de ces enjeux par le personnel des missions, ainsi que la capacité à s’adapter aux interlocuteurs et interlocutrices en tenant compte de leur culture est cruciale à l’effectivité des missions.
Deux aspects majeurs de l’interculturalité sont soulevés dans cet article : l’importance de former le personnel en uniforme à ces enjeux, et le caractère crucial de l’interculturalité sur le terrain. La formation pré-déploiement aux missions contribue à cette bonne compréhension du milieu socio-culturel dans lequel s’inséreront les Casques et Bérets bleus. Ainsi, un apprentissage des langues locales, mais aussi de l’histoire de l’État hôte, les valeurs qui y sont partagées (religieuses, politiques), doit être intégré à la formation des militaires et des policiers. Parmi ces éléments, une compréhension des rapports de genre s’avère être un aspect central, non seulement dans les relations entre personnel des OP et populations, mais aussi dans les relations entre les différents contingents onusiens. Cette compréhension permet la coexistence et la coopération entre les groupes socio-culturels déployés — coopération d’autant plus importante que le personnel en uniforme intervient dans un contexte qui peut leur être hostile, voire dangereux.
Sur le terrain des OP, une bonne compréhension des enjeux d’interculturalité, et la faculté de s’adapter aux codes locaux est une force. Une maitrise des codes sociaux, des structures hiérarchiques et des langues permet de mieux interagir avec les populations locales, et d’établir des relations de confiance avec ces dernières. Au contraire, lorsque ces codes sont mal maîtrisés par le personnel, les opérations peuvent être perçues comme étant illégitimes par les communautés autochtones, ce qui peut générer des tensions et de l’hostilité vis à vis des contingents onusiens. Le dialogue interculturel est dès lors un gage d’efficacité des missions, car il a le potentiel d’appuyer leur légitimité.
Annika Hilding Norberg, Robert Mood et A. K. Bardalai, « United Nations Truce Supervision Organization: Role Relevance, Function, and Utility – Lessons for Future Peace Operations », Geneva Centre for Security Policy, juin 2024.
Annika Hilding Norberg, Robert Mood et A. K. Bardalai, « United Nations Truce Supervision Organization: Role Relevance, Function, and Utility – Lessons for Future Peace Operations », Geneva Centre for Security Policy, juin 2024.
L’Organisme des Nations unies chargé de la surveillance de la trêve (ONUST, ou UNTSO en anglais) est au centre du dernier rapport de l’EPON (Effectiveness of Peace Operations Network), rédigé par Annika Hilding Norberg du GCSP (Geneva Centre for Security Policy), l’ancien Général de corps d’armée et ancien Chef de l’ONUST Robert Mood, ainsi que l’ancien Général de division A. K. Bardalai, ancien Commandant adjoint de la Force de la FINUL (Force intérimaire des Nations unies au Liban).
Selon le rapport, l’ONUST s’est montrée rapide, flexible et efficace, capable de s’adapter aux évolutions de la situation au cours de ses 75 années d’existence. En tant que première mission de maintien de la paix de l’histoire des Nations unies, le mandat de l’ONUST est court, simple et clair : sous le Chapitre VI de la Charte, la mission doit surveiller la trêve entre Israël et les pays arabes voisins et servir de liaison entre les parties au conflit. Pour les auteurs du rapport, ce mandat d’observation reste toujours valable et clé pour réduire les tensions et les escalades régionales.
Créée en 1948, la mission avait son siège à Jérusalem et plusieurs bureaux de liaison dans les pays de la région, ainsi que des groupes d’observateurs militaires au sein de la FINUL (sud du Liban) et de la FNUOD (Force des Nations unies chargée d’observer le désengagement, sur le plateau du Golan en Syrie). De plus, l’ONUST a fourni de nombreux observateurs à plusieurs opérations de paix à travers le Moyen-Orient. Grâce à la nature de leur mission d’observation non armée, les bérets bleus de l’ONUST sont apparus comme moins imposants et ont été mieux accueillis par les populations locales. L’ONUST a également su maintenir le soutien des membres permanents du Conseil de sécurité, des États hôtes ainsi que des pays contributeurs depuis 75 ans. Cette confiance et longévité s’expliquent, selon les auteurs, par son respect des trois principes fondamentaux du maintien de la paix : le consentement, l’impartialité et le non-recours à la force.
Enfin, le rapport émet des recommandations pour les opérations de paix futures en s’appuyant sur l’expérience de l’ONUST :
- Élever la légitimité, la crédibilité, l’appropriation nationale et l’adaptabilité au même niveau que les trois principes fondamentaux du maintien de la paix ;
- Développer la formation et l’éducation des observateurs militaires, y compris avec la création d’un Centre d’excellence d’observateurs ;
- Créer une Capacité de déploiement rapide d’avant-garde d’observateurs militaires pour renforcer les missions ou soutenir la mise en place des nouvelles OP.
PSC Report, « L’UA pourrait-elle faire un meilleur usage des déploiements régionaux », Institut d’études de sécurité, avril 2024.
PSC Report, « L’UA pourrait-elle faire un meilleur usage des déploiements régionaux», Institut d’études de sécurité, 10 avril 2024.
Dans cet article, le PSC Report, le projet sur le Conseil de paix et sécurité de l’Union africaine (UA) de l’Institut d’études de sécurité (ISS), s’interroge sur l’intégration des initiatives régionales de sécurité ad hoc dans le cadre de la Force africaine en attente (FAA) de l’UA. Pour l’ISS, cette reformulation s’appuie sur les apports des opérations ad hoc à la sécurité et stabilité an Afrique. Cette vision plutôt positive est partagée par le Conseil de paix et sécurité de l’UA, notamment en ce qui concerne la Force multinationale mixte au basin du lac Tchad, le G5 Sahel, l’initiative d’Accra, et les missions de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) au Mozambique et en RDC.
Bien que la FAA ne soit pas encore réellement opérationnelle depuis deux décennies, le développement graduel de son cadre institutionnel a servi de base pour les 27 opérations de soutien à la paix de l’UA. Ceci a créé une communauté de pratiques au sein des organismes continentaux, y compris des formations et une doctrine standardisées. En parallèle, les mécanismes ad hoc susmentionnées ont été de plus en plus déployés, et sont devenus un outil précieux pour certains gouvernements et organisations sous-régionales malgré leurs désavantages. Parmi eux, on trouve le manque d’un processus décisionnel convenu et prévisible de déploiement et l’absence d’un processus clair de définition des mandats. Également, la grande dépendance de la volonté des États, des communautés économiques régionales et des mécanismes régionaux, ainsi que le manque d’un financement adéquat, prévisible et durable empêchent un bon déroulement des initiatives ad hoc.
Face à ces enjeux, au lieu d’appeler à renforcer la FAA de l’UA au détriment des opérations ad hoc, l’article préconise leur généralisation et leur encadrement dans la FAA, ce qui doterait la FAA de plus de flexibilité, de rapidité de déploiement et d’échange d’expériences. De plus, l’intégration instaurerait plus de clarté dans la définition des mandats et dans les questions de commandement et de contrôle, en rendant la FAA effectivement opérationnelle.
Selon plusieurs experts, les avantages des initiatives ad hoc tels que la rapidité et la flexibilité ont été « l’une des raisons du manque de détermination à mettre en œuvre la FAA ». Néanmoins, l’ISS propose utiliser cette raison précise pour renforcer l’opérationnalisation de la FAA à travers l’absorption des opérations ad hoc. Enfin, l’article note que la résolution 2719 du Conseil de sécurité de l’ONU du 21 décembre 2023 qui ouvre la voie pour le financement onusien des opérations régionales est une opportunité de catalyser une FAA reconceptualisée.
Geraldine Rosas Duarte & Matheus Souza, « Illiberal Peacebuilding in UN Stabilization Peace Operations and Peace Agreements in the CAR, the DRC and Mali », International Peacekeeping, janvier 2024.
Geraldine Rosas Duarte & Matheus Souza, « Illiberal Peacebuilding in UN Stabilization Peace Operations and Peace Agreements in the CAR, the DRC and Mali », International Peacekeeping, 5 janvier 2024.
Dans cet article publié par la revue International Peacekeeping, Geraldine Rosas Duartea et Matheus Souza, respectivement professeure à l’Université Minas Gerais et doctorant à l’université d’Umeå, démontrent comment des normes de consolidation de paix dites « anti-libérales » sont utilisées dans les opérations de stabilisation de l’ONU et dans les accords de paix signés dans ce cadre. La « pratique de consolidation de la paix anti-libérale » est à la fois considérée comme un cadre d’analyse et un résultat, permettant ainsi de mettre en valeur la diffusion de normes anti-libérales au sein des pays où l’ONU est présente. Les opérations de stabilisation sont des opérations militaires robustes menées pour stabiliser un conflit, restaurer l’autorité de l’État et lutter contre des groupes armés non-étatiques, elles sont de plus en plus fréquentes et montre un tournant, qui se fait souvent au dépend de la consolidation de la paix libérale.
Les auteurs s’intéressent à trois pays : le Mali, la République démocratique du Congo (RDC), et la République centrafricaine (RCA), où ont été déployées des opérations de stabilisation et où des accords de paix empreints de normes anti-libérales ont été signés. Bien que menés par des acteurs libéraux, les processus de consolidations de la paix sont imprégnés de stratégies autoritaires. Les accords de paix résultants sont par conséquent anti-libéraux, eux-mêmes étant façonnés par des normes anti-libérales. L’analyse se concentre sur les acteurs impliqués dans la stabilisation mais également sur les valeurs promues au sein des mandats des opérations de l’ONU.
Les auteurs concluent en montrant que trois principales normes anti-libérales sont diffusées par les acteurs de la stabilisation : le recours à la violence ; l’exclusion des acteurs armés non étatiques nécessitant une neutralisation par la violence ; et le soutien direct ou indirect aux États autoritaires souvent impliqués dans des violations des droits humains. En ce qui concerne les accords de paix, ceux-ci sont souvent signés avec un nombre limité de groupes armés non étatiques et avec une faible participation des organisations de la société civile. Les accords ont souvent consolidé le pouvoir des États nationaux autoritaires et n’ont fait pratiquement aucune concession aux groupes armés non étatiques. Enfin, les auteurs remettent en question le discours de l’ONU selon lequel la stabilisation est une première étape nécessaire vers des accords de paix libéraux et inclusifs et, de manière plus générale, l’argument selon lequel la stabilisation est nécessaire pour ouvrir la voie à une résolution plus globale du conflit. Ils terminent leur article en ouvrant la voie à d’autres pistes de recherche notamment sur la manière dont les normes anti-libérales se manifestent à différentes étapes du processus de paix (négociation, signature, mise en œuvre).
Agathe Sarfati, « Accountability for Crimes against Peacekeepers », IPI, mars 2023.
Agathe Sarfati, “Accountability for Crimes against Peacekeepers”, IPI, 22 mars 2023.
- Agathe Sarfati, “Accountability for Crimes against Peacekeepers”, IPI, 22 mars 2023. Dans cet article de l’International Peace Institute (IPI), Agathe Sarfati s’intéresse à la responsabilité et l’avancement de la justice pour les crimes commis contre les soldats de la paix. Elle commence par rappeler que depuis la mise en place des opérations de paix (OP) en 1948 plus de 1 000 personnes travaillant pour l’ONU ont été tuées par des actes de malveillance alors qu’elles participaient à une OP. L’autrice se consacre ici aux trois missions francophones, MINUSCA en République centrafricaine (RCA), MINUSMA au Mali et MONUSCO en République démocratique du Congo (RDC) puisque c’est là que se concentrent depuis 2013 les crimes commis contre les casques bleus. Pour faire face à cela, l’ONU et ses États membres ont fait des efforts croissants notamment en incluant la question de la responsabilité envers les soldats de la paix comme une des priorités de l’initiative Action pour le maintien de la paix plus (A4P+) ou en adoptant des procédures opérationnelles standard (POS) sur la prévention, l’enquête et la poursuite des crimes graves contre les soldats de la paix avec un groupe de travail dédié. Les efforts ont également été faits au niveau des missions de maintien de la paix avec des groupes de travails internes et une coopération avec les États hôtes afin d’assurer que justice soit rendue en cas de crimes commis contre les soldats de la paix. Ces efforts ont permis des avancées importantes puisque le nombre de poursuites et de condamnations continue d’augmenter. Cependant, Agathe Sarfati souligne que de nombreux défis subsistent. Au niveau stratégique d’abord, il n’y a pas de définition cohérente des « crimes contre les soldats de la paix » et cela rend difficile les poursuites. De plus la remise en question de la présence même de la mission dans l’État hôte complique les processus judiciaires. Ensuite au niveau opérationnel, les États hôtes n’ont pas forcément les capacités suffisantes pour traiter de ce genre d’affaires, que ce soit au niveau de la police, du système judiciaire ou correctionnel. Enfin, au niveau institutionnel, l’autrice remarque que l’absence de points focaux à temps pleins sur cette question ainsi que les difficultés de coopération entre les pays d’accueil et la mission ne favorisent pas les progrès sur ce sujet. Agathe Sarfati termine son article en énonçant des recommandations à destination du Secrétariat de l’ONU, des missions de paix, du Conseil de sécurité et des États membres.
Sharland Lisa, Dahir Ilhan, « Addressing Threats to UN Peacekeepers: The Potential of the Air Domain », Stimson Center, février 2023.
Sharland Lisa, Dahir Ilhan, “Addressing Threats to UN Peacekeepers: The Potential of the Air Domain”, Stimson Center, 24 février 2023.
- Sharland Lisa, Dahir Ilhan, “Addressing Threats to UN Peacekeepers: The Potential of the Air Domain”, Stimson Center, 24 février 2023. Dans un articledu Stimson Center, Lisa Sharland et Ilhan Dahir analysent l’importance des capacités aériennes dans les opérations de paix onusiennes et plus particulièrement pour améliorer la sécurité du personnel onusien. Déployer sur le terrain des drones, des avions ou encore des hélicoptères utilitaires et de combat peut aider la mission à réaliser ses objectifs. Les avantages d’avoir une composante aérienne dans une opération de paix sont nombreux. Premièrement, lors de déplacements aériens, les soldats ont moins de chance de se faire toucher par des engins explosifs, responsables de nombreux morts au Mali. Plus de déplacements en avion pourrait donc réduire ce risque et rendre les pays plus désireux d’envoyer leurs troupes dans des missions de l’ONU. Dans un deuxième temps, l’utilisation d’avions et d’hélicoptères permettrait d’atteindre des territoires moins accessibles faute d’un manque d’infrastructures routières praticables (comme en RDC) ou encore à cause d’inondations en saison des pluies (le Sud-Soudan doit souvent faire face à des routes impraticables). De plus, passer par les airs permettrait de diminuer le temps pris par les convois terrestres pour le transport de matériel et de personnel. Des missions de surveillance et de renseignement sur la situation sur le terrain peuvent aussi être effectuées, notamment via des drones. Ceux-ci peuvent contribuer à la sécurité des patrouilles sur le terrain en surveillant le territoire avant que le convoi terrestre n’y passe. Un dernier avantage mis en avant dans l’article est le fait que lorsque des membres de la mission de l’ONU sont blessés, ils peuvent être évacués par les airs afin d’être sauvés. Pour toutes ces raisons, la composante aérienne des missions permet donc de contribuer aux mandats que l’ONU s’est fixée sur le terrain. Malgré l’importance de cette composante aérienne pour les mandats des missions, son utilisation concrète fait souvent face à de nombreux défis sur le terrain. Les missions n’ont au départ que peu de capacités aériennes. Actuellement, face au retrait des hélicoptères ukrainiens des opérations de paix, la situation s’est empirée. De plus, les gouvernements des pays hôtes des missions imposent souvent des restrictions de vol, notamment la nuit. Enfin, les technologies aériennes ne sont plus le seul apanage des Etats ou des missions onusiennes. De nombreux groupes armées se servent de drones pour leur propre mission de surveillance ou même pour commettre des attaques. L’avantage aérien dont pouvait se targuer les missions onusiennes est en train de disparaitre. Pour les auteurs, l’inclusion de davantage de capacités aériennes doit faire partie d’une stratégie globale en coopération avec les communautés locales sans perdre de vue la réalité du terrain afin que les missions puissent au mieux répondre à leurs mandats et protéger les civils ainsi que le personnel onusien.
Daniel Forti, « UN Peacekeeping and CPAS: An Experiment in Performance Assessment and Mission Planning », IPI, octobre 2022.
Daniel Forti, “UN Peacekeeping and CPAS: An Experiment in Performance Assessment and Mission Planning”. IPI, 25 octobre 2022.
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Daniel Forti, “UN Peacekeeping and CPAS: An Experiment in Performance Assessment and Mission Planning”. IPI, 25 octobre 2022. Dans ce rapport, Daniel Forti évalue l’efficacité du Comprehensive Planning and Performance Assessment System (CPAS) ou « système global de planification et d’évaluation des performances » en français. Depuis 2018, la Division des politiques, de l’évaluation et de la formation (DPET) faisant parti du Département des opérations de paix de l’ONU (DPO) déploie le CPAS dans toutes les opérations de paix des Nations unies. Le CPAS permet d’établir une grille d’analyse afin d’évaluer l’impact et l’efficacité des opérations de paix. Bien que le DPET ait développé une méthode standard pour le CPAS, les missions l’ont adapté à leurs propres contextes et besoins. Le CPAS a un impact particulièrement notable dans trois domaines :
- la collecte et l’analyse des données,
- l’évaluation de l’impact
- et la planification des missions.
Concernant la collecte de données, le CPAS a aidé les missions à recueillir plus régulièrement des données quantitatives et qualitatives sur leurs performances et leur impact, à centraliser ces données et à les visualiser facilement. Mais malgré l’amélioration de la collecte et de l’analyse des données, la qualité de ces données pourrait encore être améliorée.
Concernant l’évaluation de l’impact des missions, le CPAS reste le meilleur outil d’analyse grâce à une meilleure méthodologie et de meilleurs outils. Cependant, les évaluations d’impact du CPAS prennent beaucoup de temps, et ne sont pas toujours clairement intégrées dans les rapports externes.
Enfin, concernant la planification des missions, le CPAS fait face à des critiques de la part des missions elles-mêmes et du siège des Nations unies sur son rôle dans l’organisation stratégique des missions. Malgré un potentiel intéressant, le CPAS a pour le moment eu très peu d’impact sur la façon dont les missions ajustent leurs priorités ou préparent leurs missions futures. En effet, plusieurs aspects ont impacté la mise en œuvre du CPAS dont notamment, l’appropriation de celui-ci par les dirigeants à l’échelle des missions ou encore l’alignement du CPAS avec d’autres outils de planification du maintien de la paix.
Forti termine l’article en formulant des recommandations à différents niveaux pour améliorer l’utilisation du CPAS :
- à l’échelle du siège de l’ONU, il faudrait mettre en place des fiches d’information sur le site des missions et inclure des exercices sur le CPAS dans les formations des dirigeants senior.
- au niveau des opérations de paix, des notes et des informations spécifiques au CPAS devraient être mises à disposition du personnel afin d’expliquer comment le CPAS fonctionne concrètement.
- Enfin, les États membres devraient apporter un soutien politique au CPAS et augmenter le financement des missions.
Daria Pouchkine, Markus B. Siewert and Stefan Wolff, « Mission (im)possible? UN military peacekeeping operations in civil wars », European Journal of International Relations, septembre 2021.
Daria Pouchkine, Markus B. Siewert and Stefan Wolff, « Mission (im)possible? UN military peacekeeping operations in civil wars « , European Journal of International Relations, septembre 2021.
- Daria Pouchkine, Markus B. Siewert and Stefan Wolff, « Mission (im)possible? UN military peacekeeping operations in civil wars « , European Journal of International Relations, septembre 2021. Daria Pouchkine, Markus B. Siewert et Stefan Wolff se demandent dans quelles conditions les opérations de paix (OP) militaires de l’ONU déployées dans des contextes de guerre civile peuvent-elles être synonymes de réussite. Après avoir développé leur méthode de calcul pour déterminer les facteurs indiquant la réussite ou l’échec d’une OP, ils en viennent à identifier 19 cas de succès complets ou partiels et 13 échecs complets ou partiels, couvrant les 32 opérations militaires de l’ONU déployées dans ce type d’environnement. Ils estiment que le facteur le plus important est l’absence ou la présence du consentement national à la présence de troupes onusienne et leur coopération avec elles : d’un point de vue politique, les OP militaires ne devraient pas être mises en œuvre en l’absence de consentement et de coopération (préalables) internes ou en présence d’un soutien belligérant externe à l’une ou aux deux parties du conflit interne. En dehors de ce critère, ils avancent aussi que les OP militaires dans les contextes (post-) de guerre civile ont en moyenne plus de chances de réussir, au moins partiellement, que d’échouer.
Andrea Prah, Katharine Bebington et Keenan Govender, « Leveraging Networked Multilateralism for Effective Peace Support Operations in Africa », ACCORD, septembre 2021.
Andrea Prah, Katharine Bebington et Keenan Govender, « Leveraging Networked Multilateralism for Effective Peace Support Operations in Africa », ACCORD, septembre 2021.
- Andrea Prah, Katharine Bebington et Keenan Govender, « Leveraging Networked Multilateralism for Effective Peace Support Operations in Africa », ACCORD, septembre 2021. Dans cette analyse pour ACCORD (African Centre for the Constructive Resolution of Disputes) Andrea Prah, Katharine Bebington et Keenan Govender examinent les réseaux de multilatéralisme au sein du continent africain et leur potentiel pour assurer une meilleure performance des OP. Son axe principal est une réflexion sur la nécessité de travailler ensemble pour la paix et la stabilité du continent. Ils rappellent les composantes de l’architecture de paix et de sécurité de l’Union africaine (APSA), mise en œuvre en 2002. Puis, pour illustrer leurs propos, ils dressent un portrait des enseignements à tirer de l’intervention de l’Union africaine (UA) en Somalie. Le rôle positif de l’AMISOM, première collaboration institutionnelle entre les Nations unies, l’Union européenne et l’Union africaine dans le rétablissement de la sécurité en Somalie, marque une initiative majeure pour l’APSA par et pour le continent africain. Les auteurs insistent sur la nécessité d’établir un multilatéralisme en réseau avec l’exemple de la MONUSCO, établie en 2010 et mandatée par l’ONU. En 2013, le Conseil de Sécurité met en place la Brigade d’intervention rapide (FIB) pour combattre les groupes armés en RDC. L’objectif est de permettre aux troupes onusiennes d’améliorer la capacité de réponse et d’instaurer une force de présence et de dissuasion grâce à des unités mobiles. Cependant, bien qu’il s’agisse d’une brigade de l’ONU, la FIB constitue une force régionale apparentée et contrôlée par la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et dotée de troupes et de commandants originaires du Malawi, d’Afrique du Sud et de Tanzanie. La FIB a permis de créer un esprit de partenariat, présentant les efforts régionaux et internationaux ainsi qu’un modèle de multilatéralisme et de coopération en réseau dans le secteur de la paix et de la sécurité. Pour renforcer davantage la coopération multilatérale en Afrique, l’accent doit être mis sur une représentation plus inclusive au sein des institutions mondiales, notamment des États historiquement marginalisés. La capacité de l’Afrique à mener des OP devrait être complétée par des programmes tels que la formation pour la paix, qui montre comment les institutions de recherche et les organisations non gouvernementales africaines, avec le soutien international, peuvent renforcer ce type de réseaux.
Cedric de Coning et Jenny Nortvedt, « Performance of Peace Operations », Norwegian Institute of International Affairs (NUPI), décembre 2020.
Cedric de Coning et Jenny Nortvedt, « Performance of Peace Operations », Norwegian Institute of International Affairs (NUPI), décembre 2020.
Charles T. Hunt, « Measuring UN peacekeeping: time to replace auditing with proper evaluation », The conversation, avril 2020.
Charles T. Hunt, « Measuring UN peacekeeping: time to replace auditing with proper evaluation », The conversation, avril 2020.
- Charles T. Hunt, « Measuring UN peacekeeping: time to replace auditing with proper evaluation », The conversation, avril 2020. L’amélioration de la performance des missions fait partie des priorités de l’initiative Action pour le maintien de la paix (A4P) du Secrétaire général. Selon Charles T. Hunt, cette amélioration passe par une évaluation efficace. Pour rappel, nombre d’académiques ont montré que la présence des Casques bleus est corrélée à la diminution de la violence contre les civils. Cependant, sous ces grandes tendances, les missions peinent à déterminer l’impact réel de leurs activités. En conséquence, et selon l’article, elles ne peuvent pas déterminer ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Il leur est donc difficile d’adapter les réponses. De plus, l’amélioration des méthodes d’évaluation s’inscrit dans un contexte marqué par des divergences sur la pertinence du maintien de la paix au sein du Conseil de sécurité et par l’urgence de démontrer la rentabilité (« value for money ») des missions.
Cedric de Coning, « Are UN Peace Operations Effective? Emerging trends and observations from the studies of the Effectiveness of Peace Operations Network », IPI, novembre 2019.
Cedric de Coning, « Are peace operations effective? Emerging trends and observations from the studies of the Effectiveness of Peace Operations Network », EPON, novembre 2019.
Dans ce rapport publié par l’International Peace Institute (IPI), le chercheur Cedric de Coning relève les tendances et observations tirées des études portant sur l’efficacité de la MINUSMA, MONUSCO, MINUSS (Soudan du Sud) et AMISOM (Somalie). Il révèle notamment que trois des quatre Missions étudiées ont contribué de manière significative à la prévention de guerres civiles et de conflits à grande échelle, avec exception faite pour le cas de la Somalie. Il suggère également que les Casques bleus ne peuvent pas, à eux seuls, mettre fin à un conflit violent. Les OMP internationales et les forces de sécurité locales peuvent contribuer à créer les conditions propices à des solutions politiques et à une meilleure gouvernance, mais les OMP ne peuvent mettre fin aux guerres par elles-mêmes. Aussi, concernant la protection des civils (POC), les conclusions font état de l’incapacité des OMP à s’acquitter pleinement de leur mandat, compte tenu de leurs capacités et ressources limitées. En conclusion de l’article, bien que les OMP soient efficaces concernant la prévention des conflits, « elles n’ont tout simplement pas l’influence et l’appui politiques, les mandats requis, les ressources et donc la capacité de mettre fin à un conflit violent à l’échelle requise. Mettre fin durablement aux conflits violents ne peut se faire que sur le plan politique ». D’autres études sont en cours sur l’Opération hybride ONU-UA au Darfour (MINUAD), la MINUSCA, la Mission de vérification des Nations Unies en Colombie et les missions UE et OSCE en Ukraine.
Alexandra Novosselof et al., « Assessing the Effectiveness of the United Nations Mission in the DRC / MONUC – MONUSCO », Norwegian Institute of International Affairs (NUPI), avril 2019.
EPON, Assessing the « Effectiveness of the United Nations Mission in the DRC / MONUC – MONUSCO », avril 2019.
- EPON, Assessing the « Effectiveness of the United Nations Mission in the DRC / MONUC – MONUSCO », avril 2019. Ce rapport évalue l’adéquation entre les ressources et le mandat et la manière dont la mission, la plus coûteuse de toutes les OMP, a adapté ses approches pour être efficace en ces temps de réductions budgétaires des OMP. Pour ce faire, huit critères ont été retenus : la situation politique et l’organisation des élections ; la protection et la stabilité ; l’accès à la propriété par les nationaux et locaux ; le soutien régional et international ; la cohérence et les partenariats ; la légitimité, l’impartialité et la crédibilité de la mission ; les femmes, la paix et la sécurité, une approche axée sur l’individu. Le rapport fournit une étude de l’impact de la MONUSCO sur la situation politique et la sécurité en République démocratique du Congo, surtout dans l’est du pays où elle est principalement déployée. Les auteurs analysent aussi les principales contraintes et défis de la mission. Ils rappellent que deux des principales contraintes stratégiques de la mission a toujours sont : le degré de coopération avec l’État congolais, ils réaffirment la pertinence et l’importance pour la mission de soutenir le nouveau gouvernemen et le rôle des États voisins qui alimentent ou ont un intérêt à l’instabilité du pays. Résumé disponible en français
Jaïr van der Lijn et al., « Assessing the Effectiveness of the United Nations Mission in Mali (MINUSMA) », Norwegian Institute of International Affairs (NUPI), avril 2019.
EPON, Assessing the « Effectiveness of the United Nations Mission in Mali / MINUSMA », avril 2019.
- EPON, Assessing the « Effectiveness of the United Nations Mission in Mali / MINUSMA », avril 2019. Dans cette quatrième édition, le rapport sur l’efficacité de la MINUSMA évalue dans quelle mesure la mission réalise ses objectifs stratégiques et quel est son impact sur la situation politique et sécuritaire au Mali. À l’aune du renouvellement du mandat de la MINUSMA, prévu pour le 30 juin 2019, ce rapport revient sur les options qui permettraient à la mission d’accroitre son efficacité. Le recentrage stratégique de la MINUSMA afin de protéger les civils dans la région du centre, le déploiement d’un contingent au centre-Mali avec la possibilité de fonctionner en tant que force d’interposition dans les conflits communautaires y sont notamment abordés. Résumé disponible en français
Nina Wilén, « Peacekeeping: improving performance – Dilemmas and goal », Institut Egmont, octobre 2018.
Nina Wilén, « Peacekeeping: improving performance – Dilemmas and goal », Institut Egmont, octobre 2018.
- Nina Wilén, « Peacekeeping: improving performance – Dilemmas and goal », Institut Egmont, octobre 2018. Nina Wilen examine deux possibilités pour améliorer les performances des OMP : une plus grande contribution de troupes des puissances occidentales, ou un meilleur entraînement des forces déployées par les pays contributeurs actuels, donc 90 % sont des pays d’Afrique ou d’Asie. Malgré une légère hausse de la contribution des pays occidentaux ces dernières années, Nina Wilén constate que l’élection de Donald Trump d’une part, et le Brexit d’autre part, semblent inciter l’Union européenne à se concentrer sur ses propres missions de maintien de la paix, faisant ainsi obstacle à une plus grande contribution de troupes aux OMP onusiennes de la part des puissances occidentales. L’auteure souligne par ailleurs les risques que peuvent impliquer l’entraînement de troupes issues de pays sortant de situation de conflits ou connaissant des régimes autoritaires. En effet, l’armée constitue le principal outil d’oppression de tels régimes. Elle dégage plusieurs recommandations pour atténuer ces risques, comme une sélection rigoureuse des pays partenaires, une collaboration plus étroite dans les processus de sélection, ainsi que la promotion d’objectifs politiques avant les objectifs militaires dans les processus de Désarmement, Démobilisation et Réintégration (DDR).
Paul D. Williams, « UN Support to Regional Peace Operations: Lessons from UNSOA », International Peace Institute, février 2017.
Paul D. Williams, « UN Support to Regional Peace Operations: Lessons from UNSOA », International Peace Institute, février 2017, New York.
- Paul D. Williams, « UN Support to Regional Peace Operations: Lessons from UNSOA », International Peace Institute, février 2017, New York. Le rapport de l’International Peace Institute dresse le bilan de sept ans d’activités du Bureau d’appui de l’ONU pour la Mission de l’Union africaine en Somalie. Autorisé en 2009, l’UNSOA représente une nouvelle modalité d’action dans le domaine du maintien de la paix, étant la première mission chargée d’épauler une opération de paix menée par une organisation régionale – l’Union africaine. À l’heure du renforcement de la coopération entre l’UA et l’ONU, et de la multiplication des opérations de paix mixtes, le rapport de l’IPI souligne les forces et les faiblesses des partenariats opérationnels entres les deux organisations.
