Judd Devermont et Marielle Harris, « Why Mali needs a new peace deal », Center for Strategic and International Studies, avril 2021.

Judd Devermont et Marielle Harris affirment que l’Accord d’Alger de 2015 pour la paix et la réconciliation au Mali est en train d’échouer, alors que sa mise en œuvre figure parmi les priorités stratégiques du mandat de la MINUSMA. Selon l’article, l’Accord souffre de plusieurs manques, notamment celui d’inclure des parties prenantes. Il cite notamment le cas des islamistes, de la société civile, des femmes et des jeunes. L’accord souffrirait également d’une portée géographique limitée. À l’époque de sa rédaction, la question séparatiste au nord du pays était la priorité en matière de sécurité. Aujourd’hui, le centre du pays est touché de plein fouet par les attaques commises par les groupes armés. Troisièmement, l’article affirme que l’Accord souffre d’un déficit d’adhésion politique. Le manque d’engagement aussi bien de la part du gouvernement, qui n’a pas su mettre en place un mécanisme de suivi de l’accord efficace, et de la part des anciens groupes rebelles – l’on rappelle que la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), partie signataire à l’accord a suspendu sa participation aux réunions de suivi durant plusieurs mois – a particulièrement fragilisé sa mise en œuvre. Les auteurs fournissent également des recommandations, notamment une concernant le rôle de la MINUSMA. Selon eux, l’ONU devrait revoir le mandat de la Mission pour incorporer le cadre remanié résultant de négociations élargies. En 2019, le CSNU a chargé la MINUSMA de soutenir le rétablissement de l’autorité de l’État dans le centre du Mali. « Il s’agirait là d’un bon premier pas, mais il faudrait faire davantage pour coordonner et protéger les efforts de paix entre les communautés et pour superviser la sécurité associée aux stratégies politiques et militaires contre les groupes djihadistes ».