Cette note de synthèse propose une analyse intégrée des deux principaux outils de promotion de paix à disposition de l’ONU : les opérations de maintien de la paix (OMP) et les missions politiques spéciales (MPS), habituellement traitées séparément dans la littérature académique et la pratique onusienne.
L’analyse, fondée sur les documents pertinents de l’ONU, la base de données UNPMM (United Nations Peace Mission Mandates) ainsi que sur plus de 100 entretiens de terrain, montre que si les OMP et les MPS diffèrent par leur base légale, leur financement, leur personnel et leur administration, elles partagent des objectifs similaires – qui vont de mandats minimalistes (gestion des conséquences immédiates des conflits) à des mandats maximalistes (consolidation d’une paix libérale durable). De plus, elles sont souvent déployées de manière complémentaire ou séquentielle dans un même contexte. Sur le plan historique, la note retrace comment le nombre et le type de missions déployées ont évolué en fonction des normes internationales dominantes et du niveau de rivalité géopolitique entre grandes puissances, depuis les missions minimalistes de la Guerre froide jusqu’à l’expansion des mandats maximalistes après 1990, puis au recentrage récent sur les MPS depuis 2014 – une tendance renforcée par la crise financière actuelle de l’ONU.
La note identifie deux défis majeurs et interconnectés auxquels sont confrontées ces opérations de paix onusiennes aujourd’hui : d’une part, la polarisation croissante au sein du Conseil de sécurité, qui se traduit par une hausse des vetos et des abstentions et complique le déploiement et le renouvellement des mandats ; d’autre part, la diversification des acteurs militaires et politiques qui proposent des approches parfois concurrentes, remettant en question la primauté normative de l’ONU dans la gestion des conflits.
