• Marina Caparini, « Organized environmental crime: Why it matters for peace operations », SIPRI, mai 2022. Dans cet article, Marina Caparini part du constat que la criminalité environnementale organisée connait une croissance extrêmement rapide dans le paysage des conflits armés. Elle constitue par la même occasion l’une des principales ressources des milices non étatiques. Ce faisant, l’autrice s’interroge sur les moyens mis en place par les Opérations de paix (OP) des Nations unies et les acteurs multilatéraux pour faire face à ce phénomène en pleine croissance. Cette interrogation est d’autant plus légitime que les pays où sont déployés les plus grandes OP sont directement touchés par les crimes environnementaux impliquant différents minerais et constituant un des principaux marchés illicites au profit des groupes armés. En République centrafricaine, des milices sont impliquées dans l'extraction et le commerce illicite de l'or et des diamants, en ayant souvent recours au travail forcé. Il en va de même pour la République démocratique du Congo où l’exploitation minière de l’or, des diamants et d’autres ressources, telles que l’étain, ou le tungstène, est également un phénomène répandu. Sur le terrain, l'autrice affirme que les OP ont mené différentes actions en réaction à la dégradation des ressources, telles que la sécurisation des zones d’extraction ; la collecte et l'analyse d'information sur les réseaux criminels impliqués dans l'exploitation illégale des ressources naturelles ; ou le renforcement des capacités de gestion de l'environnement et de bonne gouvernance environnementale. Pour l’autrice, les OP pourraient jouer un rôle plus important encore en travaillant de manière étroite avec les communautés locales et ce pour développer les capacités de gestion et d'application des ressources naturelles tout en soutenant le développement de moyens de subsistance légitimes.
  • Cedric de Coning, Florian Krampe et Jake Sherman, « Emerging Lessons from Implementing the Climate-related Peace and Security Mandates », IPI Global Observatory, avril 2021. Cedric De Coning, Florian Krampe et Jake Sherman examinent comment les missions politiques et OP onusiennes doivent intégrer les leçons et bonnes pratiques tirées de l’intégration des risques de sécurité liés au climat qui commencent à émerger, afin de relever plus efficacement les défis environnementaux. En effet, si les conséquences du changement climatique peuvent exacerber les conflits, des réponses efficaces aux impacts climatiques peuvent également créer des opportunités pour la consolidation de la paix. Récemment, les missions de l’ONU ont adopté une série d'outils et d'approches pour lutter contre les conséquences du changement climatique, allant de l'intégration des risques sécuritaires liés au climat dans les systèmes d'alerte précoce et les évaluations des risques, à une collaboration plus étroite avec les homologues du développement et de l'aide humanitaire et les partenaires régionaux, en passant par la réduction de leur propre impact environnemental. Pour les auteurs, malgré les progrès déjà réalisé, les missions continuent de faire face à des défis majeurs. Des formations supplémentaires ainsi que le renforcement des capacités en matière d'analyse et de programmation des risques liés au climat sont nécessaires. Pour que des avancées significatives voient le jour, les missions ont besoin de ressources budgétaires additionnelles qui nécessitent l’approbation de la Cinquième Commission. Le Conseil de Sécurité doit faire transparaître clairement cette priorité afin d’augmenter les chances d'obtenir l'approbation des États membres. Des rapports plus réguliers des OP au Conseil sur la manière dont les risques sécuritaires liés au climat affectent l'exécution des mandats démontreraient également au Conseil l'importance d’une analyse des risques liés au climat.
  • Jake Sherman, "How Can the Security Council Engage on Climate Change, Peace, and Security?", IPI, juin 2019. Jake Sherman se propose dans cet article d’étudier la question de savoir si le Conseil de sécurité est l'organe approprié, en tant qu’organe en charge des questions de paix et de sécurité, pour débattre du changement climatique. Selon lui, même si la nécessité d'améliorer l’évaluation des risques sécuritaires liés au climat, a été évoquée dans des résolutions concernant l’Afrique de l’Ouest, le Sahel, ou encore le Mali, les risques de sécurité liés au climat n'ont pas de foyer institutionnel clair dans l'architecture de paix et de sécurité de l'ONU. L’auteur livre une analyse de l’impact de la prise en compte du changement climatique sur la prévention des conflits, le maintien de la paix et le renforcement des mesures de résilience. 
     
  • Paul Diehl, "Climate Change and Peace Operations", Oxford Research Group, janvier 2019. Dans un article, Paul Diehl analyse les capacités des opérations de maintien de la paix, conçues principalement pour surveiller les cessez-le-feu et reconstruire les États après les guerres civiles, à protéger l'environnement et combattre les effets du changement climatique. L’auteur rappelle que cette question se pose en effet au regard de l’engagement pris par les membres des Nations unies dans l’énoncé des principes pour les opérations de paix d’assurer une gestion saine de l’environnement et de trouver des solutions dans les missions sur le terrain. Selon l’auteur, face à ce défi, les opérations de paix onusiennes pourraient jouer trois rôles potentiels dans ce domaine, bien qu'en fin de compte leur impact soit susceptible d'être limité. Le premier rôle est de répondre au conflit en y déployant une mission de paix là où les conditions environnementales seraient susceptibles de mener à un futur conflit armé. Le second rôle relève de la consolidation de la paix, en particulier la (re)construction de l'infrastructure d'un pays, généralement au lendemain d'une guerre civile. Cela peut comprendre les réseaux de transport, les systèmes d'approvisionnement en eau et les réseaux électriques. La (re)construction d'infrastructures a le potentiel d'atténuer la pollution et d'autres éléments qui contribuent au changement climatique ou exacerbent ses conséquences. Le troisième rôle des opérations de la paix concerne leurs capacités à réduire leur propre impact environnemental dans les lieux de déploiement en recourant à des pratiques durables et en limitant leur empreinte carbone.
     
  • Lucile Maertens et Malkit Shoshan, "Greening Peacekeeping: The Environmental Impact of UN Peace Operations", International Peace Institute, avril 2018. Au début des années 2000, le déploiement de plusieurs opérations de grande échelle, caractérisées par l’ampleur de leurs personnels et infrastructures, a amené les Casques bleus à prendre en compte leur impact environnemental. En 2010, l’épidémie de choléra à Haïti, déclenchée par la mission des Nations unies dans le pays, a cruellement rappelé l’effet négatif que les opérations de paix peuvent avoir sur les communautés locales et l’environnement. Ce rapport examine donc l’empreinte environnementale des opérations de paix et la manière dont les institutions onusiennes se sont saisies du problème, notamment par le développement des politiques et stratégies environnementales, l’augmentation du nombre de personnel dédié à cette problématique et le développement de matériel de formation. En particulier, il évalue les défis auxquels le DAM est confronté dans la mise en œuvre de sa stratégie pour l'environnement : inégale mise en œuvre par les missions, difficultés onusiennes à assurer le contrôle des missions et à évaluer leur performance, conception et fonctionnement des missions limitées par la culture organisationnelle de l’ONU et les préférences des États membres. Sur la base de cette évaluation, qui comprend un examen détaillé de la MINUSMA, les auteurs Lucile Maertens et Malkit Shoshan proposent une série de recommandations à court, moyen et long terme ; les recommandations à court terme préconisent la mise en œuvre complète de la nouvelle stratégie environnementale de l’ONU et la réalisation de ses objectifs. En conclusion du rapport, les opérations de paix devraient permettre d’améliorer la durabilité environnementale locale et renforcer la résilience et non pas l’inverse.

 

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