Le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) détaille, dans une note publiée le 24 janvier 2018, les principales tendances des violations des droits de l’homme survenues en 2017 en RDC. Selon cette note, 6 497 violations ont été répertoriées dans le pays au cours de l’année 2017, ce qui représente une augmentation de 25 % par rapport à 2016 (5 190 violations).

Le BCNUDH souligne particulièrement la croissance des violences commises par les agents de l’État (responsables de 61 % des violations répertoriées), que ce soit la police nationale ou les forces armées. Ces violences s’inscrivent dans un contexte de rétrécissement de l’espace d’expression démocratique (1 375 violations des droits de l’homme et des libertés fondamentales documentées en 2017) qui se traduit notamment par le recours systématique des autorités à des actes de harcèlement et d’atteintes aux libertés publique que ce soit envers des opposants politiques, des journalistes ou des défenseurs des droits de l’homme.

Fondé en 2008, le BCNUDH intègre le mandat de la division des droits de l’homme de la MONUSCO ainsi que celui de l’ancien bureau du Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH) en République démocratique du Congo (RDC).

Sa mission est de contribuer à la promotion et à la défense des droits de l’homme, d’enquêter sur les violations des droits et soutenir les efforts entrepris par le gouvernement de la RDC notamment en matière d’impunité judiciaire. Le BCNUDH a également pour mission de renforcer les institutions nationales, étatiques et non-étatiques, œuvrant pour les droits de l’homme, afin d’assurer le respect des traités internationaux et régionaux ratifiés par la RDC. Enfin, le bureau fournit un service de conseil aux organismes des Nations unies qui appuient les forces de sécurité et de défense en vue d’assurer la conformité de leurs missions avec les droits précités.

Aussi, dans le cadre du processus électoral qui se profile en RDC, le Conseil de Sécurité des Nations unies a donné au BCNUDH la tâche de constater et dénoncer les violations et atteintes aux droits de l’homme et d’accompagner le pays vers des élections libres, crédibles, transparentes et apaisée. Ces élections législatives et présidentielles, qui devraient avoir lieu le 23 décembre 2018 selon le calendrier de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), soit plus de deux ans après la fin du deuxième et dernier mandat légal de Joseph Kabila, représentent un défi majeur pour la RDC qui pourrait connaître la première alternance politique pacifique de son histoire.

Or, la répression des manifestations initiées par les partis de l’opposition depuis 2016, et plus récemment par les organisations laïques proches de l’Église catholique qui réclament l’application intégrale des accords de la Saint Sylvestre et donc l’assurance du départ de M. Kabila, a nécessité l’interposition de la MONUSCO (le 21 janvier 2018) entre les forces de l’ordre et les manifestants afin de garantir la sécurité de ces derniers. Comme le démontrent les événements du 31 décembre 2017 et du 21 janvier 2018, dont le bilan de la répression s’élève respectivement à sept et six morts selon la MONUSCO, le contexte politique demeure sous tension et l’enjeu en termes d’accompagnement du processus électoral par le BCNUDH est donc aussi considérable que l’envergure de la tâche.

Sources :

Observatoire Boutros-Ghali

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